Fusion + Le Crédit Agricole de la Gironde absorbe enfin la caisse du Libournais

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La fusion-absorption de la caisse régionale du Crédit Agricole du Libournais par celle de la Gironde a été entérinée hier avec effet rétroactif au 1er janvier 1997. Cette opération envisagée depuis juillet 1995 avait échoué en fin d'année dernière, la majorité des deux tiers n'ayant pas été obtenue dans le cadre de l'assemblée générale de Libourne le 31 décembre. Sentant venir cet échec qui les mettait en cause, 8 membres du conseil d'administration de Libourne sur 13 avaient alors démissionné. Logique de rationalisation. Cette caisse régionale présidée jusque-là par Paul Glotin avait été pourvue, le jour même, par la caisse nationale d'une commission de gestion provisoire. Alain Bédère, directeur général de caisse de la Gironde depuis quinze ans, se voyait alors confier, en plus, la direction générale de Libourne. L'affaire n'en est pas restée là. Le 27 mai dernier, la caisse du Libournais s'est prononcée en faveur du rapprochement. Hier, après les assemblées générales de la caisse de la Gironde, c'est un projet évoqué pour la première fois en... 1959 - mais ajourné après deux ans de travail - qui a abouti. Employant 780 salariés et regroupant 28 caisses locales, la caisse régionale de la Gironde présente un total de bilan de 16,74 milliards de francs avec un produit net bancaire de 833 millions et un résultat net de 213 millions (+ 10,9 %). Son réseau comprend 75 agences permanentes et 31 agences périodiques. La fusion avec Libourne procède, selon ses dirigeants, d'une logique de rationalisation. Déjà, en 1990, Logitaine, une filiale commune aux caisses de la Gironde, du Libournais et du Lot-et-Garonne, a été mise en place pour développer et exploiter leur outil informa- tique commun. Libourne, avec 14 caisses locales, 17 guichets permanents et 8 périodiques, affiche un total de bilan de 3,42 milliards de francs pour un produit net bancaire de 145,4 millions et un résultat net de 9,48 millions en stagnation. Si tous les emplois doivent être sauvegardés, des changements de métier seront toutefois nécessaires pour 60 personnes sur 200 à Libourne et 80 à Bordeaux. Les syndicats ne s'opposent pas au projet : « Nous n'avons pas d'objection particulière sur la fusion », rapporte Gérard Bonnamie de la CFDT, syndicat majoritaire. Divergences. Au sein du nouveau conseil d'administration, la caisse régionale de la Gironde comptera 10 administrateurs (au lieu de 12 actuellement) et celle du Libournais 5. Selon Bernard Boucher, le président de la caisse régionale de la Gironde, Libourne pourra pérenniser son activité en satisfaisant les demandes de gros clients alors que, compte tenu de ses fonds propres, elle n'aurait peut-être pas pu le faire seule dans le respect des ratios prudentiels. Les responsables locaux sont toutefois divisés. Gérard César, sénateur maire de Rauzan, président de la chambre d'agriculture de la Gironde mais aussi de la chambre d'agriculture d'Aquitaine, soutient ce rapprochement. En revanche, Gilbert Mitterrand, sénateur-maire de Libourne, a fait savoir que ce phénomène de concentration - qui, selon lui, va à l'encontre de l'aménagement du territoire - l'inquiétait. Il s'interroge, en outre, sur la pérennisation des garanties offertes. Les dirigeants de la chambre de commerce et d'industrie de Libourne n'ont pas souhaité faire de commentaires sur le sujet. Claude Mandraut

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