ING s'offre l'assureur vie américain Iowa pour 13 milliards de francs

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Personne n'a été vraiment surpris, hier, qu'ING annonce le rachat de la compagnie américaine Equitable of Iowa (Iowa) pour 2,2 milliards de dollars (environ 13 milliards de francs). L'opération était même très bien accueillie à la Bourse d'Amsterdam, où le titre gagnait 6,30 % en clôture. Le groupe financier néerlandais ne faisait pas mystère de ses ambitions en assurance vie outre-Atlantique. Avec Iowa, ING va doubler, aux Etats-Unis, ses encaissements de primes (de 2,2 à 4,3 milliards de dollars), ses actifs gérés (de 10 à 20 milliards de dollars) et probablement sa capacité bénéficiaire. Le groupe néerlandais devient ainsi le 21e assureur vie du marché américain par le total de bilan. Selon ING, Iowa présente par ailleurs une complémentarité « excellente » avec son réseau américain, en termes de gammes de produits, de canaux de distribution et d'implantations géographiques. Une force de frappe intacte. Coté à Wall Street depuis moins d'un mois, ING offre aux actionnaires d'Iowa 68 dollars par action, réglés soit en cash (financé par emprunt), soit en titres ING. Ces actions, issues de l'autocontrôle de 5 % constitué à la création d'ING en 1991, financeront jusqu'à 60 % de la transaction. Iowa représente de loin la plus grosse acquisition jamais réalisée par ING, qui avait repris en 1995 la Banque Barings au bord de la faillite, pour 3,3 milliards de francs. Mais la plupart des observateurs jugeaient, hier, que le géant néerlandais ne s'arrêtera pas là, d'autant que sa force de frappe demeure quasiment intacte. D'ailleurs, Standard & Poor's confirmait dès hier les notes attribuées au bancassureur. L'attrait des Etats-Unis. Généralement discret sur ses intentions, ING est toujours soupçonné de s'intéresser, entre autres, à la Royale Belge, filiale d'Axa-UAP valorisée plus de 25 milliards de francs en Bourse, ou encore au GAN. Mais le bancassureur néerlandais, qui a échoué en mai dernier à prendre le contrôle de Dillon Read à Wall Street, pourrait aussi rechercher de nouvelles opportunités dans le secteur de la banque d'investissement. Quoi qu'il en soit, l'acquisition d'Iowa apporte une nouvelle preuve de l'intérêt manifesté par les poids lourds de la finance européenne pour les Etats-Unis. Si les prix d'acquisition y sont parfois décourageants, les niveaux de rentabilité y sont, en revanche, particulièrement attrayants. Iowa a ainsi dégagé un retour sur fonds propres de l'ordre de 15 % ces dernières années. Une acquisition rentable. ABN Amro, première banque étrangère aux Etats-Unis en termes de total de bilan, ne s'y est pas trompée : la banque néerlandaise a déboursé l'an dernier 10 milliards de francs pour acquérir Standard & Federal, une caisse d'épargne américaine de 4.000 salariés, lui offrant une rentabilité immédiate de 13 %. « Pour le même prix, il faudrait acheter en France les onze banques du groupe CIC, avec tous les problèmes de management qui se posent, 22.000 salariés et un retour sur investissement espéré de 7 % à 8 % », expliquait à La Tribune Henri Moulard, président du directoire d'ABN Amro France, en février dernier. Ce raisonnement comparatif semble de plus en plus répandu. Fortis observe de près tous les mouvements sur le Vieux Continent, où il aimerait se forger un troisième marché domestique après la Belgique et les Pays-Bas dans ses activités de base (banque et assurance). Mais il s'offrirait volontiers une société de gestion d'actifs aux Etats-Unis, si l'opportunité se présente. La Générale de Banque, à laquelle on prête des vues sur le CIC, semble pour sa part avoir trouvé son bonheur et annonce, aujourd'hui, l'acquisition d'une société de gestion d'actifs outre-Atlantique. B. B.

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