Les actions des banques pénalisées par leurs acquisitions

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Depuis le début de l'année, les valeurs bancaires françaises ont chuté entre 40 % et 50 %, excepté BNP Paribas, dont le cours n'a perdu que 21 %. Le constat est le même en Europe, si ce n'est pire pour des banques comme UBS ou HBOS, qui ont dégringolé de près de 60 %. Depuis quelques mois, la chute s'est accélérée, comme les trois grandes banques irlandaises l'ont montré mardi. La valorisation de la plupart des banques est passée en dessous du niveau de leurs fonds propres. " Aujourd'hui, le marché ne valorise plus les survaleurs mais ne prend en compte que les fonds propres durs ", explique Alain Tchibozo, analyste chez ING. Et cela crée de gros écarts.Lors des dix dernières années, les banques européennes, et particulièrement françaises, ont multiplié les acquisitions de taille. Crédit Agricole affichait 18,6 milliards d'euros d'écarts d'acquisition fin 2007 contre 10 milliards pour BNP Paribas. Du coup, le plancher des valorisations bancaires est abaissé d'autant et aspire les cours des banques à la baisse. Ce niveau bas correspond à 39,4 euros par action pour BNP Paribas, selon ING, 5,17 euros pour Dexia, 45 pour Société Générale et 10,6 euros pour Crédit Agricole, le prix d'émission de son augmentation de capital. Des niveaux qui laissent encore un peu de marge à la baisse pour des cours déjà très chahutés en Bourse. Les régulateurs ont eux aussi cessé de prendre en compte les survaleurs dans le calcul des ratios de solvabilité. C'est ce qui contraint les banques à augmenter leur capital pour satisfaire aux ratios prudentiels. Cela prend la forme d'un cercle vicieux. " Entre les prévisions d'augmentations de capital dilutives et la baisse attendue des retours sur fonds propres, les investisseurs réduisent leurs estimations de fonds propres par action et les cours s'ajustent à la baisse ", s ouligne Cyril Meilland chez Lehman Brothers.Seule valeur bancaire à contredire cette théorie, Natixis a littéralement explosé son plancher de valorisation. Estimé à 11,2 euros par action, le cours cote en dessous de 7 euros et affiche une " valorisation de détresse ", selon les analystes. Plus petite banque française, Natixis souffre des craintes sur les rehausseurs de crédit et notamment CIFG. Elle concentre les inquiétudes des investisseurs, qui ne voient pas de limites à sa chute.

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