Les industriels français à la peine en Inde

C'était le 14 juillet dernier, sur les Champs-Élysées. Installé aux côtés du président français, le Premier ministre indien, Manmohan Singh, regardait avec fierté quatre cents soldats de son pays ouvrir le défilé militaire. Une invitation lancée par la France, soucieuse de soigner ses relations avec New Delhi. Et désireuse aussi de faire avancer quelques grands contrats. Hélas, sept mois plus tard, ceux-ci n'ont guère progressé. Et ce malgré des contacts répétés au plus haut niveau, à l'instar du voyage récent en Inde de Jean-David Levitte, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, chargé de préparer la prochaine visite du président français. Initialement envisagée ce mois-ci, la visite a dû être reportée, sans doute au mois de mai, voire à plus tard. En cause ? Des problèmes de coordination d'agendas. Mais aussi la crainte de voir le président français rentrer d'Inde les mains vides. Depuis la vente en décembre 2005 de six sous-marins Scorpène, les industriels de l'armement s'arrachent les cheveux sur le marché indien. Le constat est même très cruel après les échecs cuisants endurés par Eurocopter, qui a vu casser son contrat de cent quatre-vingt dix-sept hélicoptères Fennec en décembre 2007, et par EADS, avec les avions ravitailleurs MRTT. La france sur deux tableauxQuant au missilier européen MBDA, qui propose aux Indiens une coopération assortie d'un transfert technologique pour un programme de missiles sol-air baptisé Maitri, il est enlisé dans des discussions interminables. Enfin, Thales tente d'accrocher un contrat de modernisation de cinquante et un Mirage 2000-H indiens. « Le contrat est prêt à être signé, le chef de l'état-major indien est d'accord », assure-t-on à « La Tribune ». Mais des querelles franco-françaises entre Dassault Aviation et Thales parasitent la signature de ce contrat de 1 milliard d'euros, l'avionneur voulant finalement tout miser sur le Rafale, lui aussi en compétition pour le futur avion de combat indien.New Delhi, de son côté, reproche à la France de vouloir jouer sur deux tableaux ? Pakistan et Inde. Ainsi, alors que des industriels français (MBDA, Sagem et ATE) attendent un feu vert pour participer au développement d'un avion de combat léger sino-pakistanais, le JF-17, la France a proposé au Pakistan, selon des sources concordantes, les soixante Mirage 2000-9 des Émirats arabes unis (EAU), eux aussi en négociation pour acheter soixante Rafale. Ce qui irrite fortement Delhi... En dehors de l'armement, le nucléaire sera au coeur du prochain voyage présidentiel. Areva souhaite finaliser la signature d'un contrat portant sur au moins deux réacteurs EPR à Jaitapur. « Les choses progressent », affirme un proche du dossier. Mais à quel rythme ? ?

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