L'UMP lance une bataille régionale, le PS se fixe des objectifs nationaux

Une campagne à fronts renversés. Le 28 novembre, lançant la campagne de l'UMP, Nicolas Sarkozy avait appelé à « nationaliser » les élections régionales et avait demandé à ses troupes de défendre son bilan, le scrutin des 14 et 21 mars étant alors considéré comme un véritable « mid term », à la moitié du quinquennat.Deux mois plus tard, changement de pied et « rerégionalisation » de la campagne, selon le terme d'un responsable de l'UMP, qui met en avant la difficulté des ténors de la majorité à s'appuyer sur l'impopularité persistante du chef de l'État pour partir à l'assaut des vingt régions, sur vingt-deux, administrées par la gauche depuis 2004.Lors de son intervention sur TF1, il y a une semaine, Nicolas Sarkozy a lui-même expliqué qu'il ne s'impliquerait pas dans la campagne parce que ce n'était « pas la place d'un président de la République ». Il poursuivra toutefois ses déplacements hebdomadaires en province, qui sont toujours clos par une rencontre avec des militants de l'UMP. En décembre, l'UMP avait prévu pour cette fin janvier un grand meeting de lancement de campagne porte de Versailles, à Paris. Mais, finalement, c'est dans une salle plus modeste du XVe arrondissement de la capitale que les listes métropolitaines ont été entérinées samedi. Dans un climat de tension en raison de l'affaire Clearstream (lire ci-dessous). Et dans un climat de grogne, puisque seulement 60 % des quelque 700 délégués présents ont approuvé au milieu des sifflets ces listes composées « au chausse-pied » avec les partenaires de l'UMP ? Nouveau Centre, Progressistes, Parti radical, Gauche moderne, Chasse pêche nature traditions, Mouvement pour la France, Parti chrétien démocrate.« Tout le monde devra se plier aux décisions prises. Notre unité est un gage de clarté démocratique », a averti François Fillon, malgré les gestes de mauvaise humeur de certains élus, comme Thierry Lazaro, député-maire de Phalempin (Nord), qui a claqué la porte de l'UMP parce que douze candidats du parti seulement figurent parmi les vingt premiers dans le Nord.L'ambiance était bien différente, dimanche matin, à la réunion de quelque 1.300 secrétaires de section organisée à Paris par la direction du Parti socialiste. Malgré les frictions de l'affaire Frêche (lire ci-dessous), Martine Aubry a affiché son optimisme à l'orée d'une campagne qu'elle veut toujours voir comme l'acte premier de la reconquête du pouvoir en 2012.« Duplicit頻La première secrétaire du PS a clairement choisi son adversaire, le chef de l'État, dont elle a dénoncé « l'impuissance » et « la démission » dans la crise. Ironisant sur son intervention télévisée ? « on attendait ?Sacrée Soirée? et on a eu ?Le Maillon faible? » ?, Martine Aubry a fustigé « la duplicité des mots et la complicité des actes » entre l'Élysée et les milieux financiers.« Le 21 mars au soir, j'espère que la carte des régions sera toute rose dans une crise bien noire », a lancé la patronne du PS, jugeant que les collectivités territoriales seraient des « remparts contre l'injustice sociale, contre les inégalités », et des « avant-gardes » de l'alternance de 2012.Les sondages continuent de prédire une victoire de la gauche aux régionales. Ce qui permettrait à Martine Aubry de conforter sa position de présidentiable. Dans une enquête Ifop pour « Le Journal du dimanche », elle se classe en tête des candidats préférés des sympathisants socialistes, avec 27 % d'opinions favorables, devant Dominique Strauss-Kahn (25 %), Ségolène Royal (11 %) et François Hollande (9 %).

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