La Fondation Abbé-Pierre dénonce la politique du logement

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L'accès au logement est, on le sait, très difficile pour les plus modestes et les plus fragiles. La Fondation Abbé-Pierre, qui présente ce lundi son quinzième rapport sur l'état du mal-logement en France, chiffre à 3,5 millions le nombre de personnes non ou très mal logées. En outre, l'accès au logement est aussi devenu « un exercice périlleux » pour trois millions de ménages, locataires ou propriétaires, auxquels il faut ajouter 1,2 million de demandeurs de logements sociaux. « Pour accéder à la propriété, les nouveaux acquéreurs doivent s'endetter sur des périodes de plus en plus longues (dix-huit ans en moyenne en 2009 contre quatorze ans en 2001) et y consacrer une part croissante de leurs revenus [cinq à six années de revenus contre trois à trois et demie en 1996] », relève le rapport. « Les ménages consacrent 26 % de leurs ressources aux dépenses liées à l'habitation, contre 14 % en 1988 », ajoute-t-il.Par ailleurs, si pour la première fois depuis 1998, les loyers ont connu une légère inflexion à la baisse, « l'écart entre le niveau des loyers des logements proposés à la location et les capacités financières des ménages demeure considérable », note le rapport. L'office public de la ville de Paris, qui gère 110.000 logements, enregistrait fin septembre 2009 un taux d'impayés provisoires de 4 % en augmentation de 15 % en un an.« Tous les clignotants sont au rouge en ce qui concerne l'accès au logement, or les responsables politiques ne prennent pas la mesure de cette crise. La politique menée marque la fin des grandes ambitions pour la ville et le logement », estime Christophe Robert, directeur des études à la FAP. « On ne peut pas fonder la politique du logement sur le seul axe de l'accession à la propriété, reprend-il. Il ne suffit pas de brandir le droit au logement opposable ou la refondation de l'hébergement d'urgence. »indexationFace à cette situation, la FAP préconise des mesures plutôt réalistes, vu la faiblesse des marges de manoeuvre budgétaires. Elle réclame la suspension des expulsions locatives des personnes de bonne foi et préconise « non un blocage des loyers », mais leur indexation lors de la relocation d'un logement sur l'indice de référence des loyers, pour limiter leur renchérissement. Elle suggère aussi d'élargir la taxe sur la vacance des logements, qui a fait la preuve de son efficacité, à toutes les agglomérations de plus de 100.000 habitants. Elle préconise enfin, alors que l'État a réduit de près de moitié en 2010, à 480 millions d'euros, ses subventions directes au logement social, de lancer 30.000 logements locatifs familiaux accessibles aux plus modestes (Plai), en sus de ceux qui ont été budgétés pour 2010. Sophie Sanchez

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