L'homme qui valait 1.350 milliards de dollars... de déficit

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C'est le jour J pour Peter Orszag, le directeur du Bureau du budget de la Maison-Blanche (OMB). Ce lundi, Barack Obama présentera son projet de budget pour l'exercice fiscal 2011 qui démarrera le 1er octobre. Dans une conjoncture restant précaire en dépit du retour de la croissance aux états-Unis, et compte tenu d'un climat politique chauffé à blanc en cette année d'élections de mi-mandat, le budget qu'a élaboré Orszag ne manquera pas d'essuyer les critiques des républicains. Il ne satisfera pas non plus les démocrates conservateurs, qui militeront pour une plus grande discipline budgétaire, ni l'aile gauche du parti exigeant un deuxième plan de relance. Alors que le Bureau du budget du Congrès (CBO), qu'a dirigé Orszag, anticipe un déficit de 1.350 milliards de dollars pour 2010, Obama a proposé la semaine dernière de geler 15 % des dépenses fédérales pour économiser 250 milliards de dollars... sur dix ans. « Il ne s'agit que d'un début », a vite assuré Orszag, après que les critiques ont fusé sur cet effort jugé trop timide. « Cette année, nous nous concentrons sur la création d'emplois, mais au-delà, nous n'aurons pas les moyens de dépenser de l'argent sur des postes budgétaires qui ne fonctionnent pas ou ne reflètent pas nos priorités », a-t-il prévenu.Marathonien La nomination d'Orszag à l'OMB par Obama, qui a hérité de George W. Bush un déficit de plus de 1.000 milliards de dollars, n'a rien de fortuit. Pendant son passage au CBO, cet ancien conseiller de Bill Clinton, bardé de diplômes (Princeton, London School of Economics), a dirigé vingt analyses sur la santé. Pour Orszag, faute de réforme, le budget de la santé est voué à dévorer l'économie américaine. Or, c'est justement l'incertitude pesant sur la refonte de l'assurance-maladie qui complique sa tâche. « Réduire les dépenses de santé qui représenteront environ un tiers du budget au cours des dix prochaines années est impensable tant que les perspectives législatives ne seront pas plus claires », note Jan Hatzius, économiste chez Goldman Sachs.Les médias économiques américains prêtent donc beaucoup d'attention à Peter Orszag, marathonien de 41 ans, symbole de l'équipe de brillants quadras, qui, depuis un an, pilote la Maison-Blanche. Mais, depuis plusieurs semaines, Orszag a aussi l'honneur des tabloïds. Le directeur de l'OMB vient de se fiancer à Bianna Golodryga, une présentatrice d'ABC News, peu après que son ex-petite amie, la fille d'un armateur grec, a donné naissance à leur petite fille. Du coup, Washington bruisse de rumeurs sur les conquêtes réelles ou supposées de ce haut fonctionnaire, père de deux enfants d'un précédent mariage. Au point que la presse « sérieuse » s'inquiète pour son équilibre. « Franchement, je ne vois pas comment Orszag peut jongler avec trois familles et le budget national », s'est alarmé l'éditorialiste Joel Achenbach dans le « Washington Post ». ?

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