Zapatero veut porter la retraite à 67 ans

José Luis Rodríguez Zapatero n'a finalement pas réussi à tenir son engagement de sortir l'Espagne de l'ornière sans toucher au système de protection sociale. Le gouvernement socialiste a en effet annoncé vendredi qu'il allait « proposer » de faire passer l'âge de la retraite de 65 ans à 67 ans. Cette mesure devrait entrer en vigueur de manière échelonnée, à raison de deux mois supplémentaires par an à partir de 2013, culminant ainsi en 2024 avec les retraités nés en 1959.Certes, la Sécurité sociale espagnole n'est pas, en Europe, parmi les plus sinistrées. Ainsi, en 2009, alors que l'ensemble des administrations publiques a enregistré ? le gouvernement l'a pour la première fois reconnu vendredi ? un lourd déficit de 11,4 % du PIB, la Sécu, elle, a dégagé un excédent de 0,8 % du PIB, et ce malgré l'augmentation de 1,1 million du nombre de chômeurs. équilibre précaireEn outre, elle bénéficie d'un fonds de réserve qui avoisine les 60 milliards d'euros. Mais les perspectives démographiques rendent un tel équilibre précaire, comme en attestent les projections que l'INE (Institut national de statistiques), comme par hasard rendues publiques la veille de l'annonce du gouvernement. Elles indiquent que, en 2050, les Espagnols de plus de 64 ans atteindront 32 % du total de la population. En conséquence, le rapport entre inactifs potentiels (les personnes de moins de 16 ans ou de plus de 64 ans) et population active va presque doubler, passant des 47,8 % actuels à 89,6 %. Et cela parce que l'Espagne connaît à la fois l'un des taux de fécondité les plus faibles d'Europe (il est actuellement de 1,44) et l'une des espérances de vie les plus longues (84,4 ans pour les femmes et 78 ans pour les hommes).Le gouvernement a assuré qu'il voulait parvenir à un consensus sur cette réforme, ce qui s'annonce ardu. Elle a suscité le rejet immédiat des syndicats et des partis à la gauche des socialistes, ce qui était attendu, mais aussi, ce qui l'était moins, celui de l'opposition conservatrice, qui réclame de longue date des mesures semblables mais n'entend nullement épauler le gouvernement dans un domaine aussi délicat électoralement.Thierry Maliniak, à Madrid

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