Le premier actionnaire d'Orange Tunisie menacé d'être dépossédé de ses actifs

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Moins d'un an après le lancement officiel de ses services en Tunisie, Orange se retrouve dans une situation très délicate, au lendemain de la « révolution du jasmin. » Afin de pouvoir être candidat à une licence de téléphonie mobile, fixe et Internet, au travers d'un appel d'offres international qui imposait aux groupes étrangers de s'associer à un partenaire local majoritaire, l'opérateur français s'était allié en 2009 à l'homme d'affaires tunisien Marwan Mabrouk. Cet entrepreneur, qui est aussi le gendre du président déchu Ben Ali, se trouve au coeur de la tourmente. Son nom, et celui de son épouse, Cyrine Ben Ali Mabrouk, figurent en tête d'une liste de 110 personnes dont les biens vont être saisis, selon un projet de décret-loi approuvé en conseil des ministres vendredi et révélé par le secrétaire d'État à la jeunesse et aux sports sur son compte Twitter. Or Marwan Mabrouk, qui est actuellement président du conseil d'administration d'Orange Tunisie, et son épouse, qui siège également au conseil, sont les premiers actionnaires d'Orange Tunisie, à travers leur société Investec (51 % pour lui, 49 % pour elle, même si le couple serait séparé depuis un an). Orange Tunisie, qui emploie 1.100 personnes, a réalisé en 2010 un chiffre d'affaires de 49 millions d'euros et une perte nette de 59 millions, qui ne sont pas consolidés dans les comptes de France Télécome;lécom.« Mésalliance »À Paris, les syndicats montent au créneau. Sud-PTT dénonce une « mésalliance » avec un partenaire « pas si fréquentable » et s'oppose à « une prise de contrôle total de cette filiale par France Télécome;lécom. » La CFE-CGC/UNSA s'inquiète d'une « nationalisation partielle » et se demande si France Télécome;lécom sera candidat au rachat des 51 % et à quel prix. La situation est encore assez floue sur le plan juridique. « On ne sait pas si les biens sont ou seront confisqués, saisis, placés sous administration provisoire ou autre », relève une source proche de l'homme d'affaires. Au siège de France Télécome;lécom, l'opérateur essaie d'y voir clair et souligne que « les activités fonctionnent normalement. Nous n'avons pas été contactés à ce stade par le gouvernement tunisien. » L'opérateur étudie en détail les clauses du pacte d'actionnaires qui lui accordait une option d'achat au bout de cinq ans pour monter à 65 % du capital d'Orange Tunisie. La licence avait été acquise pour 150 millions d'euros « et non au prix d'un quelconque favoritisme », fait-on valoir chez Orange. Pragmatique, l'opérateur observe qu'une éventuelle « nationalisation » ne concernerait pas ses propres parts, acquises en 2009 pour 95 millions d'euros. Delphine Cuny

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