Embellie printanière sur l'emploi allemand

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L'Allemagne affiche encore une fois une résistance étonnante de son marché du travail. L'Agence fédérale pour l'emploi (BA) a recensé en mars 3,57 millions de demandeurs d'emploi à la fin du mois qui vient de s'achever, soit 75.000 de moins qu'en février en données brutes, et 31.000 de moins en données corrigées. Le taux de chômage au sens allemand passe de 8,7 % à 8,5 %. Sur un an, le nombre de demandeurs d'emploi est en baisse de 18.000. La hausse enregistrée en février (91.000 chômeurs supplémentaires) a donc presque été effacée en mars. Certes, mars est un mois traditionnellement bon pour l'emploi, surtout après un hiver rigoureux pour la construction, sans doute faut-il aussi chercher des causes de ce rebond qui a surpris les économistes dans l'amélioration des perspectives conjoncturelles (lire « La Tribune » du 29 mars). Reste que la prudence s'impose. Sur un an, le chômage au sens large, incluant, par exemple, les personnes en formation ou bénéficiant de mesures d'âge, a ainsi progressé de 3,1 %, ou 143.000 personnes. Ensuite, parce que le marché allemand a eu recours à des formes d'emploi plus flexibles. En janvier, le nombre d'actifs travaillant à temps partiel a progressé de 250.000 sur un an, tandis que les postes à plein temps diminuaient de 320.000. Enfin, le recours au chômage technique, subventionné par l'Etat, a été massif et durable. Au cours du premier trimestre, ces mesures ont concerné 850.000 personnes, soit 40.000 de plus qu'à la fin 2009. Les entreprises allemandes ont donc préféré conserver leurs employés en attendant la reprise. « Le marché du travail s'est stabilisé surtout grâce à des ?amortisseurs? », avoue ainsi le patron de la BA, Frank-Jürgen Weise. mise en gardeAussi, la ministre fédérale de l'Emploi, Ursula von der Leyen, a-t-elle mise en garde contre toute euphorie. Le gouvernement fédéral maintient d'ailleurs sa prévision de 3,7 millions de demandeurs d'emploi en moyenne en 2010. Il est vrai qu'on peut se demander si un tel « stock » de travailleurs au chômage technique est tenable. Chez BNP Paribas, par exemple, on remarque que, alors que la production industrielle est encore inférieure de 16 % à celle d'il y a un an, l'emploi industriel allemand n'a reculé que de 5 %. D'autant que le chômage technique coûte cher aux entreprises allemandes. Dans l'industrie, on a appris mardi que le coût horaire du travail salarié avait progressé en 2009 en Allemagne de 5,3 %, contre une hausse de 0,3 % en France. A moyen terme, un ajustement semble donc inévitable. Il n'est donc pas sûr que ces chiffres de l'emploi soutiennent durablement la consommation outre-Rhin.

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