La relation franco-allemande, otage de la campagne électorale d'Angela Merkel

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Berlin contre-attaque. Le Handelsblatt dans son édition de ce mardi « révèle » ainsi un « raport interne » au vitriol du ministère de l\'Economie allemand sur la France. Ce document critique fortement le « coût du travail très fortement élevé » et le « deuxième plus faible temps de travail européen » qui prédominent dans l\'Hexagone. Le poids des impôts et charges « le plus élevé d\'Europe » conduit, selon le rapport, à une faiblesse « de l\'investissement et de la recherche. » Parallèlement, le quotidien rend public une « analyse interne » de Rainer Brüderle, ancien ministre de l\'Economie et chef du parti libéral, la FDP, partenaire de coalition d\'Angela Merkel. Cette analyse, titrée « la France, le plus grand enfant à problèmes de l\'Europe » est une même charge contre le système social français et l\'absence de réformes dans la politique de François Hollande.La France, repoussoir pour les conservateurs allemandsEvidemment, ces documents ne sont pas rendus publics aujourd\'hui par le plus grand des hasards. Ce sont des réponses aux attaques du parti socialiste contre « l\'intransigeance égoïste » d\'Angela Merkel. En réalité, ce débat franco-allemand est engagé outre-Rhin depuis plusieurs mois. La France de François Hollande est devenue un thème de campagne électorale. La droite allemande utilise les difficultés du voisin français pour discréditer le programme économique de la SPD qui, assez maladroitement il est vrai, se revendique du soutien implicite de l\'Elysée. Lundi, SPD et Verts ont ainsi jugé « justifiées » les critiques du PS à l\'encontre de la chancelière et Peer Steinbrück, le candidat social-démocrate à la chancellerie, a récemment été reçu par François Hollande. Ce mardi, dans sa newsletter quotidienne, le directeur du Handelsblatt, Gabor Steingart, jugeait que la lecture des documents publiés par son journal était « une lecture obligatoire » pour le SPD et Peer Steinbrück.Rapport déséquilibré entre France et AllemagneIl convient donc de rappeler que, bien avant les attaques du PS, les libéraux et les conservateurs allemands lançaient des critiques peu amènes contre la France pour discréditer la SPD. Il est, du reste, assez piquant de voir aujourd\'hui la CSU, dont une des responsables donnaient récemment des leçons à François Hollande s\'indigner lundi des « critiques inappropriées » du PS envers la chancelière. La réalité, c\'est que ces critiques sont une aubaine pour les conservateurs qui vont pouvoir continuer à présenter la France comme un repoussoir et mettre en garde contre le vote SPD qui pourrait faire de l\'Allemagne une « nouvelle France. » En passant, on remarquera également la position de faiblesse de la France dans le couple franco-allemand. Lorsque les dirigeants CSU ou CDU fustigeaient François Hollande, nul ne s\'en émouvait, sur aucune rive du Rhin. En revanche, une critique française de l\'Allemagne semble désormais relever de la faute. La faute de l\'élève qui ferait la leçon au maître. En réalité, cette polémique franco-allemande dit beaucoup de ce que sont aujourd\'hui les rapports de force en Europe.  

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