Bruxelles cherche l'appui de Pékin sur la contrefaçon

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Pour sa première visite en Chine, Algirdas ?emeta va devoir marcher sur un fil. Le commissaire européen en charge des Douanes doit exprimer le ras-le-bol des Européens inondés par les produits contrefaits, sans faire perdre la face à ses interlocuteurs chinois ni compromettre un flux commercial vital pour le Vieux Continent. Usine du monde, la Chine est également le champion toutes catégories des exportations de contrefaçons. « Le commissaire veut lancer un appel à ses partenaires chinois. Il ne faut pas se voiler la face. Les chiffres parlent », explique-t-on à la Commission.Pas moins de 5 milliards de fausses cigarettes partent chaque année en fumée dans les incinérateurs des douanes de l'Union européenne (UE), ce qui ne représente, selon Bruxelles, « peut-être que 5 % ou 10 % des volumes réels ». Les pertes fiscales avérées dépassent 10 milliards d'euros. Or, en 2009, les deux tiers des produits contrefaits saisis dans les ports et les aéroports de l'UE, essentiellement des cigarettes, chaussures et accessoires, CD et DVD vierges, jouets et produits de beauté, venaient de Chine. Le patronat européen est sur les dents et ne manque pas une occasion d'aiguillonner la Commission sur la violation des droits de propriété intellectuelle.Pour tenter d'endiguer le phénomène, le commissaire lituanien mise sur l'intérêt bien compris de toutes les parties. Le premier accord douanier entre Pékin et Bruxelles remonte à 2004. Depuis, Pékin et l'Union procèdent sur ces questions à des échanges de fonctionnaires. Des douaniers chinois sont ainsi arrivés à Roissy. Les échanges d'information sur les saisies et les opérations conjointes se mettent en place, à l'instar de la saisie opérée en janvier dernier dans le cadre du dialogue et de la coopération Asie-Europe (Asem) de l'UE avec 16 pays d'Extrême-Orient. « Tout le monde a intérêt à avoir un flux d'échanges plus fluide. Les coûts de rétention et de contrôle des marchandises sont énormes pour les entreprises », explique un responsable douanier. Chinois et Européens travaillent par exemple à une labellisation des opérateurs économiques. L'objectif est d'arriver à une reconnaissance réciproque qui permettrait d'accélérer le dédouanement en Europe pour les opérateurs contrôlés par les autorités chinoises, et réciproquement.

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