L'envol des cours des céréales plonge le marché du porc dans la crise

À Plérin, en Bretagne, le marché au cadran, qui est la principale référence européenne pour les prix du porc, traverse une crise majeure. Les échanges, qui se tiennent d'ordinaire deux fois par semaine, le lundi et le jeudi, ont été suspendus deux lundi de suite devant le refus des producteurs d'y participer. « Les éleveurs préféraient empêcher la vente que de voir le prix baisser », assure l'un d'eux. Le marché s'est toutefois tenu jeudi. Pour baisser une nouvelle fois, de 29 centimes, à 1,214 euro le kilo. La semaine précédente, la dégringolade des prix avait atteint un record de baisse, soit plus de 4 %.Les cours du porc ont toujours tendance à baisser avec l'automne, qui force les barbecues à rentrer au garage. Mais cette année, l'envol des cours des céréales transforme la baisse saisonnière en drame. Les éleveurs perdent près de 10 centimes d'euro par kilo de viande vendue. L'alimentation représente 60 % des coûts de production d'un porc, et plus de la moitié de leur alimentation consiste en céréales. Or maïs et blé ont fortement grimpé cet été : de 24 % sur le maïs, et de 48 % pour le blé, sur le Nyse Liffe. Le soja, utilisé pour les protéines dans l'alimentation du cochon, a aussi vu ses cours s'envoler. Et les producteurs ne parviennent pas à faire passer leurs hausses de coûts sur les prix. Une situation qui s'expliquerait par des équipements excessifs en abattoirs, qui force les acheteurs à faire pression sur les coûts pour pouvoir maintenir leurs propores marges d'abattage. « La Cooperl, premier abattoir français et quatrième européen, aurait dû se restructurer », assure un producteur. forte concurrenceD'autres intervenants pointent aussi du doigt la grande distribution, qui refuse d'arrache pied la moindre augmentation de prix de la viande pour cette rentrée, qu'elle soit réclamée par l'interprofession des volaillers ou par celle des producteurs de porcs.« La répercussion sur le consommateur dépend avant tout de l'équilibre ponctuel du march頻, rappelait FranceAgriMer lors du salon des espèces animales, le Space, qui s'est tenu à Rennes mi-septembre. La production de porc en Espagne, mais aussi au Danemark et en Allemagne, fait une forte concurrence à la filière française. La question de la distorsion de concurrence entre l'offre allemande et française ne cesse d'être mise en avant par les producteurs français. La compétitivité des porcs allemands s'explique notamment par des charges sociales plus faibles dans certaines zones du pays. Aline Robert

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