Un contexte allemand très favorable

En Allemagne, Axel Weber fait l'unanimité. « Avec lui, notre monnaie sera entre de bonnes mains », résumait en mars le très populaire « Bild Zeitung ». Nul n'a oublié la tragédie de 1923, ni ses causes ; un gouvernement utilisant la planche à billets pour financer ses dépenses excessives et une monnaie qui s'effondre. La baisse de l'euro et le plan d'aide aux pays du « Sud » de 750 milliards d'euros ont logiquement relancé ces craintes. Selon un récent sondage du magazine « Stern », 54 % des Allemands redoutent désormais une hausse des prix, soit 10 points de plus qu'en février. Rien d'étonnant alors à ce que la population rejette désormais largement les plans de baisse d'impôts qui l'avaient séduite lors des élections de septembre 2009, et qu'elle fasse de la consolidation budgétaire sa priorité.la france : mauvaise presseEn baisse dans les sondages, Angela Merkel (photo) a, du reste, abandonné tout projet de réforme fiscale et prépare un plan de rigueur qui sera annoncé la semaine prochaine. La chancelière a donc tout intérêt à obtenir la nomination d'Axel Weber à la tête de la BCE l'an prochain comme gage de la future stabilité de l'euro.L'offensive du patron de la Bundesbank trouve donc un terreau très favorable en Allemagne, où, depuis l'annonce du rachat des titres grecs, Jean-Claude Trichet est sous le feu des critiques. Le 16 mai, le député libéral Frank Schäffler déclarait : « Si cela continue, la BCE va racheter aussi les vieux vélos et les paiera avec du papier-monnaie tout neuf. Cela doit cesser », s'emportait-il avant de réclamer le remplacement immédiat du président français de la BCE par Axel Weber. L'ancien gouverneur de la Banque de France a eu beau rappeler son horreur de l'inflation et son attachement à l'indépendance de la banque centrale, la France interventionniste a désormais mauvaise presse. Lundi, le magazine « Der Spiegel » n'hésitait pas à évoquer un « complot français » autour de la décision de rachat des titres grecs par la BCE. Et voici dix jours, l'hebdomadaire « Die Zeit » s'emportait : « Peu importe ce que disent les Français ; le risque d'inflation est plus qu'une simple lubie d'Allemands traumatisés par leur expérience historique. » R. G.

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