Par Sylvain RollandémergentsForts de 126 millions d'habitant...

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Forts de 126 millions d'habitants et d'un produit national brut combiné de 70 milliards de dollars (57 milliards d'euros), les cinq membres de la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) partagent depuis jeudi un marché commun sans équivalent en Afrique. En permettant aux personnes, services, marchandises et capitaux de circuler librement, l'EAC va plus loin en matière de coopération économique que toutes les autres communautés d'Etats africains, qui en sont encore aux prémisses d'une union douanière accomplie par l'EAC dès 2005. « C'est historique car malgré les discours, il y a très peu de zones où l'intégration régionale est réelle », analyse Philippe Hugon, économiste spécialiste de l'Afrique. « A cause des multiples conflits, des inégalités de développement et de la concurrence des marchés internationaux, les économies africaines, y compris celles de l'Afrique de l'Est, sont davantage tournées vers l'intégration internationale que vers l'intégration régionale. » Objectif monnaie uniqueSi le marché commun est une réalité sur le papier, les économistes estiment qu'il ne sera pas complètement réalisé avant 2015. Le Kenya, la Tanzanie, l'Ouganda, le Burundi et le Rwanda doivent maintenant modifier toutes les législations et les mettre en conformité avec les exigences du marché commun. Conditions tarifaires, droit d'établissement professionnel dans un autre pays, circulations des capitaux... Si certains pays, comme le Kenya, ont déjà pris les devants sur un certain nombre de dossiers, tout, ou presque, reste à faire. Preuve de leur volonté politique, les cinq pays se fixent déjà un nouvel objectif : une monnaie unique, à l'image de l'Union Européenne. Prévue à l'origine pour 2012, les économistes estiment plutôt sa réalisation vers 2016. « Un objectif très crédible si les pays continuent à afficher une telle volonté politique », estime Philippe Hugon.

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