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Christian Wulff, mal-aimé par procuration

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Publié le 02 juillet 2010 à 09:27 - Mis à jour le 02 juillet 2010 à 09:27

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Ce devait être l'homme du consensus et de l'apaisement, ce fut celui du chaos. Certes, Christian Wulff va s'installer, comme prévu, au château berlinois de Bellevue pour présider pendant cinq ans la République fédérale. Mais il y entre par la petite porte, celle d'une élection pénible, acquise au troisième tour et ouvrant une plaie béante au sein de la coalition au pouvoir à Berlin. Pourtant ce catholique de 51 ans, ministre président de Basse-Saxe, Land largement protestant, semblait l'homme idéal pour rassembler l'Allemagne. Il est l'incarnation de la génération de politiciens baby-boomers modérément conservateurs, modérément modernisateurs, pragmatiques, prudents et patients. Pour prendre le pouvoir en Basse-Saxe, Christian Wulff a attendu, subi deux défaites avant de triompher en 2003 devant l'actuel chef fédéral du SPD, Sigmar Gabriel. Réélu triomphalement en 2008, il se définit comme un « constructeur de ponts », peu enclin aux polémiques. Sans manquer parfois d'un certain courage, comme lorsqu'il nomma le premier ministre musulman d'Allemagne, malgré les grincements de dents au sein de la très chrétienne CDU. « Il est impossible de le haïr et même de ne pas l'aimer », écrivait ce jeudi l'éditorialiste du Handelsblatt qui résumait le personnage par son ouvrage de chevet : le petit prince. Mais, du coup, Christian Wulff accuse les défauts de ses qualités. Durant le mois qui a précédé son élection, les critiques ont fusé : « sans relief », « terne », « professionnel routinier de la politique ». On l'a accusé d'avoir plongé son Land dans une apathie politique et économique pour mieux le conserver. Ce qu'on lui a en fait reproché, ce sont ses points communs avec Angela Merkel, cette façon de faire de la politique par la recherche permanente du consensus. C'est d'avoir été le choix d'Angela Merkel qui, pour ne pas effrayer l'aile droite de la CDU, a écarté la ministre de l'emploi Ursula von der Leyen, jugée trop modernisatrice, trop charismatique. À travers Christian Wulff, les critiques visaient en réalité la chancelière dont, décidément l'étoile a fortement pâli au sein de la majorité. malédictionLe nouveau président va devoir à présent se détacher de cette malédiction originelle et définir son propre style dans un poste symbolique, mais auquel les Allemands sont fort attachés. Ce mois de juin a montré qu'ils rechignaient à avoir un président fédéral effacé et sans saveur. Christian Wulff devra prouver qu'il n'est pas la caricature qu'on a dressée de lui. Il devra pour cela insister sur les traits de sa personnalité qui le différencient le plus d'Angela Merkel, notamment son goût pour les contacts directs avec les citoyens. Il pourra aussi compter sur la personnalité très médiatique de sa deuxième épouse, Bettina, 36 ans, dont le tatouage fait déjà les délices de la presse spécialisée.

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