La Sécurité sociale est fragilisée
La Tribune
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Si les Français s'étaient habitués à voir le déficit de leur Sécurité sociale avoisiner les 10 milliards d'euros, l'aggravation extrêmement rapide et vertigineuse des comptes sociaux en 2009 et en 2010 constitue une rupture. Le « trou » du régime général (des salariés) atteindra en effet 23,5 milliards d'euros en 2009 et 30,6 milliards en 2010. Il aurait été de 33,6 milliards si le gouvernement n'avait pas pris une série de mesures (lire ci-dessous), soit un effort de redressement modeste de 3 milliards d'euros.En limitant les dépenses, le ministre du Budget, Éric Woerth, espère « stabiliser » le déficit à compter de 2011? « légèrement en dessous de 30 milliards d'euros ». Un niveau difficilement soutenable à long terme, qui fragilisera le système de protection sociale sauf à augmenter fortement les recettes via une hausse des prélèvements obligatoires ou à réaliser des économies drastiques limitant les droits des assurés. Hier, le ministre a évoqué « des réformes structurelles » : le rendez-vous 2010 sur les retraites, la réorganisation de l'hôpital et du fonctionnement territorial du système de soins.D'ici là, les déficits représenteront en 2010 environ 10 % des dépenses de retraites, d'assurance-maladie ou de prestations familiales. La crise économique a sabré les recettes de la Sécurité sociale, issues des cotisations salariales et des prélèvements sur les revenus du capital, et explique donc en grande partie l'effondrement des comptes. « En 2009, le déficit lié à la crise représente près de 65 % du déficit et il constituera environ 75 % du déficit 2010 », estime Éric Woerth, qui affirme avoir stabilisé « le déficit structurel autour de 8 milliards d'euros ». Pour la commission des comptes de la Sécurité sociale, la « composante structurelle » reste « substantielle », « principalement sur la branche vieillesse ». Le vieillissement de la population pèse sur la branche retraite, même si la forte hausse des prestations s'infléchit en 2009 et 2010, avec la diminution des départs en retraite anticipée (24.700 en 2009 après 122.000 en 2008). Le déficit de la branche vieillesse atteindra néanmoins 10,7 milliards en 2010. Pour contenir celui de la branche maladie, la plus sensible à la chute des recettes, l'objectif de progression des dépenses est limité à 3 % en 2010. Cela nécessitera 2,2 milliards d'économies, et n'empêchera pas l'assurance-maladie d'afficher un solde de ? 14,6 milliards. Les dépenses du Fonds de solidarité vieillesse, qui prend en charge la validation des périodes de chômage pour la retraite, s'envoleront, alors même que ses recettes ont été amputées au début de l'année. Son déficit 2010 (4,5 milliards d'euros) rattrape celui de la branche famille. nÉric Woerth espère « stabiliser » le déficit à compter de 2011? « légèrement en dessous de 30 milliards ».
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