L'industrie française de la gestion d'actifs touchée par la crise

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ortLes effets de la crise sur l'industrie de la gestion d'actifs se sont vraiment fait sentir sur l'exercice 2008. Dans le dernier rapport de l'Autorité des marchés financiers (AMF) sur la gestion pour compte de tiers, les indicateurs comptables sont en baisse.Les sociétés de gestion de portefeuilles agréées en France ont dégagé un chiffre d'affaires (CA) de 12 milliards d'euros, en baisse de 14 % par rapport à 2007. Celle-ci s'explique par un recul de 14 %, à 12,1 milliards d'euros, du produit d'exploitation et notamment de l'une de ses principales composantes : les commissions de gestion. Étant indexées sur les actifs, elles sont passées de 11,9 milliards d'euros en 2007 à 10,3 milliards en 2008 en raison d'une baisse des encours de 10 % (2,262 milliards). Pour faire face à l'érosion des revenus, les sociétés de gestion ont engagé des programmes de réduction de coûts entraînant une diminution des charges d'exploitation (CE) de 7,5 % à 9,8 milliards d'euros. Dans le détail, les charges salariales, qui représentent 20 % des charges ont reculé de 7,5 % à 1,9 milliard. Quant au résultat d'exploitation, il baisse de 34,5 % à 2,211 milliards. 137 sociétés de gestion ont déclaré des pertes d'exploitation pour un montant de 212 millions d'euros. Les plus touchées ont été les sociétés entrepreuneuriales employant au maximum 19 salariés puisqu'elles représentent 74,3 % des sociétés affichant un résultat d'exploitation négatif. recul de la rentabilitéEn revanche, elles totalisent 27 % des pertes contre 68 % pour les filiales d'établissements de crédit. Une d'entre elles, Sgam (filiale de Société Généralecute; Générale), a même affiché d'importantes pertes. Conséquence : le résultat financier de l'industrie a reculé de 191 millions d'euros à 392 millions. Quant au résultat net, il a chuté de 63,5 % à 999 millions. La baisse du résultat d'exploitation combinée à celle des produits d'exploitation donne au final un recul de la rentabilité de l'industrie passant en douze mois de 24 % à 18 %. Mais l'une des grandes leçons de la crise est que la gestion d'actifs consomme aussi des fonds propres. Fin 2008, ils s'élevaient à 6,15 milliards d'euros contre de 7,3 milliards fin 2007. 42 maisons accusaient un défaut de fonds propres avec le risque de perdre leur agrément. Seules les sociétés de gestion issues d'établissements publics enregistrent une augmentation de leur niveau de fonds propres.L'année 2008 a donc été une année noire pour cette industrie. Le pire est que 2009 ne s'annonce pas forcément mieux au niveau économique en raison d'un très mauvais effet de base. Thierry Serrouy

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