Semaine du big bang pour les banques britanniques nationalisées

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queLe paysage bancaire britannique est à la veille d'un vaste changement. Après des mois de négociations tripartites tendues entre les banques nationalisées, l'État britannique, et Bruxelles, des décisions clés vont être annoncées cette semaine, peut-être dès demain. L'annonce la plus spectaculaire sera l'émergence possible de trois nouvelles banques. Le chancelier de l'Échiquier, Alistair Darling, a indiqué hier dans une interview à la BBC qu'il allait mettre en vente de larges morceaux des trois banques nationalisées, Northern Rock, Lloyds Banking Group et Royal Bank of Scotland. La vente sera réservée à des acheteurs qui n'ont pas de présence bancaire importante en Grande-Bretagne, afin d'augmenter la concurrence du secteur. Les acquéreurs potentiels pourraient être des établissements étrangers, ou des entreprises comme Virgin Money et Tesco, qui proposent déjà des services financiers. « RBS et Lloyds vont réaliser des désinvestissements relativement substantiels, soit d'agences, soit d'institutions qu'elles possèdent », explique Alistair Darling. Mais il précise qu'il n'y aura pas de vente dans l'urgence, et qu'il espère conclure les transactions « dans les trois ou quatre ans ».Neelie Kroes veilleLes détails du plan doivent être annoncés cette semaine. Les fuites organisées dans la presse britannique permettent cependant d'établir le scénario suivant. Lloyds Banking Group, possédé à 43 % par l'État, mettrait en vente deux marques de produits d'épargne, TSB et Cheltemham & Gloucester, ainsi qu'Intelligent Finance, sa banque sur Internet. RBS, possédée à 70 % par l'État, vendrait de son côté plusieurs centaines d'agences en Angleterre et en Écosse, et ses assurances (Churchill, Direct Line?). Enfin, Northern Rock a annoncé la semaine dernière la mise en vente de la partie financièrement saine de son établissement. Au total, environ 700 agences bancaires seront en vente.Si Alistair Darling déguise désormais sa décision en une volonté de renforcer la concurrence, il n'a de fait guère le choix. Neelie Kroes, la commissaire européenne à la Concurrence, menace depuis des mois d'imposer de larges désinvestissements aux banques qui ont bénéficié de l'aide de l'État.Enfin, des annonces sont aussi attendues concernant le plan de garantie des actifs toxiques par l'État. Si Lloyds pourrait l'éviter en lançant une vaste augmentation de capital (voir « La Tribune » de vendredi 30 octobre), Royal Bank of Scotland n'y échappera pas, Londres garantissant environ 325 milliards de livres d'actifs. Pour se payer, l'État augmentera encore sa participation dans l'établissement, à 84 %.

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