Les entreprises privées ont, elles aussi, « voté » lors des élections de mi-mandat

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Chaque campagne électorale aux États-Unis apporte, immanquablement, son lot de superlatifs. Mais ces élections de mi-mandat devraient rester dans les mémoires comme celles de tous les records. Elles devraient être sans conteste les plus chères de l'histoire. Selon le Center for Responsive Politics, un institut de recherche indépendant, les dépenses engagées pour faire élire sénateurs, représentants, mais aussi gouverneurs et autres mandataires locaux devraient en effet avoir franchi la barre des 4 milliards de dollars. Déjà quand, il y a quelque temps, les projections en matière de dépenses faisaient état de 2 milliards de dollars dépensés, le chiffre était inédit... Les médias américains n'hésitent donc plus à parler de « tsunami », à côté duquel l'élection de George W. Bush, en 2000, qui avait coûté 3,1 milliards de dollars « apparaît comme une bonne affaire ! » souligne Sheila Krumholz, l'une des rédactrices de l'étude publiée par le Center for Responsive Politics. Un rapide calcul permet d'établir que chacun des grands sièges à pourvoir (435 à la Chambre, 37 au Sénat et également 37 des 50 postes de gouverneurs) revient donc, en moyenne, à... 8 millions de dollars. Dans le détail, précise ce rapport, les candidats ont, en leur nom propre, levé 1,7 milliard, les partis 1,1 milliard et les différents groupes de soutien au moins 400 millions. Un total de 3,2 milliards, qui ne prend pas en compte la folie qui s'empare des forces en présence dans la dernière ligne droite, et en particulier le déferlement de spots publicitaires. Quelque 524 millions de dollars auraient ainsi été déboursés, contre 299 en 2008. Et si la campagne de 2008 avait suscité un élan créatif, avec des messages d'espoir et de changement, celle-ci abreuve les électeurs potentiels de messages agressifs, voire diffamatoires ou franchement en dessous de la ceinture... un revirement completLa grande nouveauté cette année, ce sont les sommes faramineuses versées par des donateurs anonymes. La Cour suprême a en effet autorisé en janvier dernier les entreprises, les syndicats et les ONG à verser des montants illimités. Milliardaires, capitaines d'industrie ou magnats du pétrole se sont engouffrés dans la brèche. Sans surprise, ils ont opéré un revirement complet, finançant cette année les républicains en priorité. À Wall Street, le désaveu est encore plus cinglant. Les financiers ont ainsi alloué 67 % de leurs contributions aux républicains, contre moins de 44 % en 2008. Goldman Sachs, qui avait orienté les trois quarts de ses contributions vers les démocrates avant l'élection de Barack Obama, a penché à 60 % en faveur des républicains.

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