Barack Obama contraint à la cohabitation

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Rien ne vaut quelques ennemis à Washington » : cet adage politique américain pourrait s'appliquer au président Barack Obama, à l'issue des élections du 2 novembre. Les projections sont en effet sans appel. Surfant sur la vague de mécontentement populaire en raison de la crise, du chômage et du bilan démocrate contrasté après deux années de pouvoir à la Maison Blanche comme au Capitole, les républicains pourraient prendre le contrôle législatif à Washington. En partie tout au moins. La totalité des sièges (435) est en jeu à la Chambre des représentants, ainsi que 37 des 100 sièges de sénateurs. Pour s'emparer de la Chambre, les républicains doivent remporter ce mardi 218 sièges (soit 40 de plus qu'aujourd'hui). La tâche serait plus difficile pour que le Sénat bascule dans le camp républicain : les conservateurs devraient y arracher 10 sièges supplémentaires pour faire le grand chelem. En effet, si les experts prédisent une percée républicaine à la Chambre, avec au moins 50 victoires, ils sont plus réservés sur le Sénat : les républicains n'y obtiendraient que 6 à 8 sièges supplémentaires. Blocage« Cette nouvelle situation serait moins compliquée pour Obama qu'une majorité républicaine aux deux chambres », estime George Edwards, professeur de sciences politiques à l'Université du Texas A&M, même si le président Obama a déjà eu du mal à faire adopter certaines promesses de campagne ? telle la réforme de la santé ? par un Congrès censé être acquis à sa cause... Ses marges de manoeuvre, face à des républicains renforcés, seront toutefois limitées, d'autant que ces derniers, poussés sur leur aile droite par le mouvement du Tea Party, ne cessent de claironner qu'il n'y aura pas « de compromis » avec les démocrates. Le Président devra donc revoir ses ambitions « et chercher un terrain d'entente avec ses adversaires », avance le politologue Ross Baker, de l'Université Rut- gers. Impossible, en tout cas, d'envisager de grandes réformes, sur l'immigration ou le climat. Rien ne semble cependant perdu pour Barack Obama. « Si les républicains cherchent à défaire le filet social pour les retraités ou à rogner les crédits pour l'éducation, le Président se retrouvera dans la position de défendre ces avantages, très populaires aux yeux des électeurs », estime George Edwards. Une position enviable. D'autant qu'Obama « a les qualités nécessaires pour rebondir », assure Ross Baker. Pour en juger, rendez-vous d'abord en janvier, quand il prononcera son discours sur l'Etat de l'Union. « Il ne serait pas sage de penser dès maintenant qu'il ne pourra pas se faire réélire en 2012 », ajoute-il. Mais encore faudra-t-il qu'il soit servi par une meilleure économie. La croissance annuelle du PIB, à 2 % au troisième trimestre, est trop faible pour résorber le chômage de masse.

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