Les taux « périphériques » se détendent, mais les divergences sont abyssales

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Alors que les investisseurs avaient très froidement accueilli lundi le plan d'aide à l'Irlande et les contours du futur Mécanisme européen de stabilité (MES), les obligations d'État des pays « périphériques » sont nettement reparties à la hausse mercredi dans le sillage des propos tenus mardi soir par le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet. Martelant que les observateurs ont « tendance à sous-estimer la détermination des gouvernements », le président de la BCE a relativisé devant les parlementaires à Bruxelles le fait que « la stabilité financière de la zone euro puisse réellement être mise en doute », se montrant en outre satisfait des clarifications apportées dimanche sur le MES à partir de 2013.Évoluant en sens inverse des prix, le taux à 10 ans irlandais menait la décrue en fin de journée avec une chute de 41 points de base, à 8,94 %, suivi du taux portugais (? 31 points à 6,66 %), du taux espagnol (? 20 points à 5,30 %) et du taux italien (? 15 points à 4,51 %). Derrière les propos rassurants de Jean-Claude Trichet, les investisseurs ont en outre spéculé sur l'annonce de nouvelles mesures de la BCE pour ramener les marchés à un fonctionnement plus normal. « Jean-Claude Trichet a une crédibilité assez forte et le marché semble avoir peur d'aller à la confrontation après les propos de mardi. Il laisse souvent les marchés exagérer avant de frapper fort pour casser les positions vendeuses, comme il l'avait fait avec son programme d'achats d'obligations d'État en mai dernier », explique Étienne Gorgeon, stratège taux chez Rothschild IM.Politique fiscale commune La détente observée ce mercredi est cependant bien loin d'avoir effacé l'envolée des taux intervenue depuis la mi-octobre. Elle se traduit par des écarts de taux (ou spreads) colossaux entre les pays « périphériques » et la référence allemande. Cette divergence extrême complique la gestion de la politique monétaire par la BCE, seule institution communautaire dotée d'un pouvoir économique réellement mutualisé. Le spread de la Grèce culmine toujours à 900 points, contre une moyenne de 32 points entre 2000 et 2008. Les spreads irlandais et portugais atteignent respectivement 620 et 390 points, contre des moyennes avant-crise de 7 et 18 points. Ceux de l'Espagne et de l'Italie stationnent à 250 et 170 points (de 11 et 24 points entre 2000 et 2008). « La divergence de taux au sein d'une même zone monétaire existe aux États-Unis entre États fédérés et municipalités, mais il manque une politique fiscale et une structure budgétaire communes en Europe », souligne Étienne Gorgeon. Julien Beauvieux

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