Marchés boursiers : Après la pluie, le beau temps pour 2013 ?

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Comment mieux commencer l’année ? L’accord in extremis trouvé mardi soir aux Etats-Unis sur le budget a largement soulagé les opérateurs financiers qui en ont profité pour initier d’importants programmes d’achat de titres. Le Congrès américain a effectivement adopté une loi évitant la cure d\'austérité promise par le \"mur budgétaire\". Cet accord constitue une indéniable victoire pour Barack Obama face aux républicains, mais repousse seulement de quelques semaines d\'autres dossiers épineux. \"L\'un des piliers de ma campagne présidentielle était de changer un code des impôts trop favorable aux riches aux dépens de la classe moyenne\", a déclaré le président démocrate lors d\'une allocution à la Maison Blanche. \"Ce soir, nous l\'avons fait grâce aux voix des démocrates et des républicains au Congrès\", a ajouté le président américain, 20 minutes à peine après que la Chambre des représentants à majorité républicaine eut emboîté le pas au Sénat dominé par les démocrates et adopté un projet de loi augmentant notamment le taux d\'imposition des foyers aux revenus supérieurs à 450.000 dollars par an. Une partie des républicains a accepté de voter pour ce dispositif, malgré leur rejet de principe de toute hausse de la pression fiscale, car l\'alternative aurait été le \"mur budgétaire\", des hausses d\'impôts pour la quasi-totalité des contribuables et des coupes claires dans les dépenses de l\'Etat fédéral, en particulier de défense.L\'ensemble des places boursières à la fêteL’ensemble des places européennes ont salué dignement le fruit de ces âpres négociations dès le début de la matinée. Elles ont toutes gagné entre 1% et 3%. A Paris, le CAC 40 s’est même envolé au-delà des 3.700 points. A Londres, l’indice FTSE a franchi la barre des 6.000 points quand celui de Milan à bondi de plus de 3%. Il faut dire que le sujet du « mur budgétaire » était la principale source d’inquiétude des investisseurs ces derniers jours et ce, alors que le contexte boursier s’était pourtant largement amélioré depuis début novembre. Une amélioration largement due aux bons chiffres macro économiques envoyés des Etats-Unis ces dernières semaines, les statistiques de l’immobilier, de la demande de crédits de la part des entreprises et de la production énergétique étant effectivement très encourageantes.Ce bond en avant est d’autant plus symptomatique qu’il intervient après une fin d’année boursière assez soutenue sur tous les continents. La preuve, s’il en était besoin, que le potentiel de hausse des indices mondiaux est intact et que les investisseurs sont prêts à réinjecter des capitaux lorsque les bonnes nouvelles sont là. De fait, ils n’ont pas cessé, depuis la mi-2007 de restreindre leur exposition au gré des catastrophes financières qui se sont succédées. Ils sont aujourd’hui à l’affût et scrutent les classes d’actifs ayant le moins bien performé ces derniers mois pour se positionner dessus. Et à ce petit jeu là, les actions sortent largement gagnantes.Et maintenant ?Cela étant, les intervenants ont du mal à anticiper l’amplitude du possible mouvement de reprise. Les avis divergent, chacun avançant des arguments tout aussi valables. Les plus optimistes mettent en avant le retour manifeste de la confiance et la baisse des déficits tout comme de la dette publique dans les pays ayant déjà engagé des réformes structurelles. Ils perçoivent également les récentes décisions de la BCE come un réel catalyseur susceptible de relancer durablement l’afflux de capitaux en direction d’une économie européenne exsangue.Les plus sceptiques, eux, se demandent comment, dans un contexte de politique monétaire accommodante, cette stratégie peut se répercuter dans la sphère réelle. Ils se montrent également circonspects sur les récentes statistiques macros économiques en provenance des Etats-Unis estimant que les ménages sont toujours exagérément endettés par rapport à leurs revenus alors que le nombre d’expulsés de leur logement continue de croître.Dans ce contexte pour le moins incertain, les regards se tournent vers les entreprises, thermomètre on ne peut plus fiable de l’état de santé d’un pays. Et de ce côté-là, force est de constater que l’inquiétude est de mise. Surtout sur le Vieux continent où la consommation des ménages est sur une pente descendante compte tenu notamment de l’explosion du chômage. Certes, les plus grands groupes ont réussi ces dernières années à accroître sensiblement le poids de leurs exportations vers les pays à croissance forte. Sécurisant ainsi leur chiffre d’affaires et leurs marges bénéficiaires. Mais tous n’ont pas les moyens d’accéder à ces marchés. Surtout, certains ont des difficultés à financer leurs projets de développement et se voient contraints de réduire la voilure et de recourir, eux aussi, à des plans de licenciements.Les experts divisésDu coup, difficile de se fier à l’euphorie du moment. Pour plusieurs experts, 2013 devrait plus que jamais être l’année du « stock picking », c\'est-à-dire de la sélection de valeurs au cas par cas du côté de actions. Les gérants obligataires se montrent également prudents, notamment sur les obligations corporate, très prisées l’an passée mais qui pourraient laisser le pas aux obligations souveraines moins chahutées aujourd’hui grâce à l’action de la BCE et du retour au calme du côté de la Grèce. Pour autant, les économistes sont clairs : « La France sans réformes ne pourra éviter une nouvelle dégradation par les agences de notation. Elle doit engager une vraie reconquête de la compétitivité et introduire plus de flexibilité sur le marché du travail tout en évitant d’accentuer les restrictions budgétaires », indiquent notamment ceux de la Confédération nationale du Crédit Mutuel. >> Pour aller plus loin  : découvrez notre plateforme bourse personnalisable

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