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Pour une industrie nucléaire compétitive

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Publié le 03 mars 2011 à 15:36 - Mis à jour le 03 mars 2011 à 15:36

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Point de vueÀ l'heure où le gouvernement vient, lors du dernier Conseil de politique nucléaire, de désigner EDF comme le chef de file de l'industrie nucléaire française, l'exécutif va devoir prendre une autre décision majeure pour cette filière stratégique pour notre pays. En effet, le gouvernement va devoir fixer le prix du nucléaire que doit vendre EDF à hauteur de 25 % en vertu de la loi Nome adoptée sous la pression de Bruxelles. Cette décision est attendue par certains avec angoisse, par d'autres avec espoir. L'opérateur historique, EDF, espère légitimement ne pas être floué. Ses concurrents souhaitent tout aussi logiquement bénéficier de ce marché au meilleur prix. Enfin, les consommateurs espèrent ne pas être « les dindons de la farce » en subissant une augmentation prohibitive des tarifs de l'électricité.Au préalable, il m'apparaît utile d'indiquer que, sans être libéral, je suis par principe favorable à l'ouverture à la concurrence. Nous avons tous en tête de nombreux exemples où la concurrence a permis de faire baisser les prix. Cependant, pour que la concurrence soit utile à la France et profite aux Français en matière d'électricité, le gouvernement devra veiller à trouver la bonne intensité afin qu'aucun des acteurs concernés ne subisse un court-circuit. De mon point de vue, l'État, en prenant sa décision, doit avoir en tête un triple objectif : respecter l'effort passé, maintenir les prix bas que nous connaissons actuellement et préparer l'avenir. S'agissant du passé, il faut respecter ce qui a été l'effort public. La France a créé, avec l'opérateur historique, une puissance industrielle en matière d'électricité. Ce patrimoine, qui est celui de tous les Français, ne doit pas être vendu en dessous du prix de revient. Les craintes d'un prix de revente d'électricité bas ont déjà fait chuter fortement le titre d'EDF sur la place de Paris. Le consommateur ne doit pas oublier qu'il est aussi contribuable et se doit donc de préserver la valeur d'EDF, dont la France détient 86 %.Pour le présent, le client final doit continuer à être respecté. La loi Nome va faire évoluer sensiblement le paysage électrique français, lequel permet aujourd'hui aux ménages et aux entreprises de notre pays de bénéficier d'un prix de l'électricité de 30 % à 40 % plus bas que la moyenne européenne. Bien sûr qu'il faut veiller à ce que nos industriels et nos consommateurs ne subissent pas de hausse disproportionnée, mais la vérité, c'est que la hausse des tarifs d'électricité est inéluctable. Le rôle de l'État consistera à veiller à ce que celle-ci ne soit pas exorbitante, ne s'exerce pas de manière brutale et puisse être compensée au moins partiellement par la mise en concurrence.Enfin, et c'est bien le plus important, il faut préparer l'avenir. La loi prévoit que la fixation du prix de l'accès au nucléaire détenu actuellement par EDF doit être cohérente avec le niveau du tarif réglementé transitoire d'ajustement du marché et doit tenir compte « des coûts d'exploitation et des coûts d'investissement de maintenance ou nécessaires à l'extension de la durée du fonctionnement ». Cela est bien naturel : si seules les dépenses d'exploitation et de maintenance étaient prises en compte, cela serait totalement injuste pour l'opérateur historique ! L'objectif essentiel pour préparer l'avenir est de garantir à long terme la compétitivité du prix de l'électricité en France, de permettre à l'opérateur historique de couvrir les coûts nécessaires à l'extension de la durée de vie des équipements mais aussi de lui permettre d'investir fortement pour maintenir notre compétitivité en matière d'énergie. N'oublions pas que c'est grâce à sa politique volontariste et à travers l'opérateur historique que la France est aujourd'hui pionnière dans le nucléaire. En tant qu'ancien ministre de l'Industrie qui a tout misé sur l'investissement et l'innovation notamment à travers la mise en oeuvre des états généraux de l'industrie, je ne peux qu'encourager l'État à donner aux entreprises françaises les moyens d'avoir une grande politique d'investissement. C'est à ce prix que, dans l'énergie comme dans bien d'autres domaines, la France restera un leader mondial.

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