« Il fallait réagir car attaquer la Grèce, c'est attaquer l'euro »

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Les députés vont examiner ce lundi la version française du plan d'aide à la Grèce, prévoyant de débloquer 6,3 milliards d'euros dont 3,9 milliards dès 2010. Contrairement à l'Allemagne, l'aide à la Grèce semble faire consensus.Je suis très heureux et fier qu'en France, les réactions aient été jusqu'à présent unanimes : elles témoignent de la volonté de solidarité de notre pays à l'égard de la Grèce. Ce plan d'aide finalisé ce week-end est très important : il fallait qu'on réagisse face aux spéculateurs, car attaquer la Grèce, c'est attaquer l'euro, et attaquer l'euro, c'est attaquer l'Europe, donc la France.Pourtant, il a fallu beaucoup de temps pour parvenir à cet accord européen...En Allemagne, le gouvernement d'Angela Merkel a été confronté à une opinion publique très hostile à l'idée d'aider des pays ayant commis des erreurs de fond, en vivant largement au-dessus de leurs moyens, mais aussi de forme, en affichant des statistiques peu réalistes. L'Europe a donc eu du mal à trouver son point d'équilibre, mais c'est chose faite. Ce qui est important, c'est qu'elle soit solidaire. Car ce qui est en jeu, c'est notre monnaie, et il fallait que nous la défendions en venant en aide aux Grecs. Sinon les spéculateurs auraient attaqué le Portugal, puis l'Espagne...Quelles leçons tirez-vous de cette crise grecque pour l'Europe ?Pour éviter un nouvel accident grave, il faut établir une concertation entre l'ensemble des pays européens sur leurs politiques budgétaire et économique. On ne peut pas se permettre d'avoir des politiques économiques aussi divergentes que celles pratiquées ces dernières années en Grèce ou en Espagne ! Cette concertation doit s'opérer au niveau de l'Eurogroupe, avec la participation de la Commission européenne. Il faut aussi que les chefs d'État et de gouvernement se réunissent régulièrement, comme ils ont commencé à le faire, à l'initiative de la France pendant la crise financière, et à présent sous l'impulsion d'Herman Van Rompuy, pour mettre en place cette gouvernance économique au niveau de la zone euro mais aussi sans doute au niveau des 27 membres de l'UE.L'Europe a-t-elle une part de responsabilité dans la crise grecque ?Oui, car depuis plusieurs années, la Commission aurait dû tirer le signal d'alarme sur la Grèce. Il faut donc renforcer la surveillance européenne. Cette crise a servi de réveil, en montrant qu'on ne peut pas continuer à être aussi flexible. Aujourd'hui, c'est l'ensemble des pays européens qui doivent aller vers une réduction des déficits publics et donc de leurs dépenses publiques. Propos recueillis par Éric CholPierre Lequiller, Président de la commission des affaires européennes à l'Assemblée nationale

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