Crédit  : et si on cassait les prix  ?

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Credit crunch ». L'anglais n'a besoin que de trois syllabes pour décrire ce phénomène économique redoutable que le français appelle assèchement, ou restriction du crédit. C'est pour l'éviter que les États ont dévié des milliards en direction des banques depuis bientôt un an. On le voit aujourd'hui, leurs efforts n'ont pas suffi. En France, les nouveaux crédits accordés au secteur privé (entreprises et ménages) ont reculé de plus de 100 milliards d'euros sur douze mois, de juillet à juillet. En pourcentage, cela représente une baisse de 21 % sur les douze mois précédents, qui avaient été très dynamiques il est vrai, juste avant que n'éclate la crise financière. L'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, le Royaume-Uni ne sont pas mieux lotis. En Europe, l'assèchement du crédit est d'une gravité particulière parce que l'économie est traditionnellement financée aux trois quarts par des crédits bancaires. Quand Nicolas Sarkozy, fin août, appelait les banquiers à faire leur métier et à prêter de l'argent, il ne croyait pas si bien dire. La main sur le c?ur, ils ont juré qu'ils faisaient de leur mieux mais que la demande n'était pas là. C'est sûrement vrai : dans une récession comme le pays n'en a pas connue depuis soixante ans, il n'y a rien d'étonnant à ce que les investissements (du côté des sociétés), les achats de logements et la consommation de biens durables (du côté des particuliers) se soient effondrés. Une objection, cependant : pour vendre des voitures, les constructeurs ont cassé les prix et reçu une aide publique, la prime à la casse. Les banques aussi ont touché des aides de l'État, outre des refinancements ultrafavorables de la BCE. Mais on ne les a pas vues casser les prix et se battre entre elles pour vendre du crédit?sgherardi@latribune.fr sophie gherard

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