le spectre du krach obligataire
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Faut-il redouter l'éclatement d'une bulle sur les emprunts d'État?? La question divise. Nombreux sont encore ceux qui préfèrent parler d'une simple surévaluation du marché obligataire. Angel Gurría, le secrétaire général de l'OCDE, par exemple, ne croit pas à l'existence d'une telle bulle. D'autres, en revanche, comme Jean-Pierre Jouyet, le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), tirent la sonnette d'alarme.L'approche développée par une nouvelle génération d'économistes qui assimilent l'éclatement des trois bulles précédentes - technologique, immobilière et du crédit, chacune de ces bulles résolvant les problèmes posés par la précédente - à des secousses sismiques, incite à la vigilance. « C'est une période idéale pour la formation de bulles », estime Didier Sornette, professeur à l'École polytechnique de Zurich. Pour lui, dans l'environnement de taux bas actuels, il existe non pas une, mais plusieurs bulles en formation.Reste à identifier les victimes de la prochaine réplique?: emprunts d'État, actions chinoises, coton, or... Les candidats ne manquent pas.Il est cependant permis d'espérer?! Contrairement à Alan Greenspan, l'ancien patron de la Fed, qui considère que seule l'explosion d'une bulle confirme son existence, ou encore à la théorie économique classique, selon laquelle les crises sont le résultat de chocs exogènes, le (très sérieux) professeur Sornette estime que les crises endogènes sont prévisibles. Autant dire que le résultat de ses derniers travaux est attendu avec impatience...Sophie Rolland
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