La menace du dollar faible

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À 19 h 15, ce soir, la banque centrale américaine rendra son verdict. Tous les marchés financiers de la planète sont suspendus à cette décision que l'on peut résumer de la façon suivante : faut-il faire tourner la planche à billets pour sortir l'économie américaine de la croissance molle ? Une chose est sûre, la preuve est faite que, pour quelque temps encore, l'Amérique reste le centre du monde. Et que cette troisième année depuis le déclenchement de la crise est bien celle de tous les dangers et de toutes les incertitudes. Car, en optant pour une deuxième vague d'achats directs d'obligations à long terme, pour un montant évalué par les marchés entre 500 et 1.000 milliards d'euros, Ben Bernanke, le patron de la Réserve fédérale, s'apprête à explorer une terra incognita. Son QE2 (pour « quantitative easing 2 ») vient en effet s'ajouter à un QE1 où la Fed, dont les taux directeurs sont déjà pratiquement à zéro, a déjà acquis pour 1.700 milliards de dollars de titres. La question est : jusqu'où les États-Unis, maîtres de la monnaie de réserve mondiale, le dollar, pourront-ils ainsi jouer avec le bilan de leur banque centrale sans provoquer une nouvelle catastrophe financière ? L'économiste James Galbraith estime que ce nouveau soutien est une « illusion », sans impact sur l'économie réelle et ne servant qu'à nourrir un peu plus la bulle financière. Bill Gross, patron du fonds Pimco, voit dans le QE2 une « arnaque pyramidale à la Ponzi ». L'objectif de la Fed - faire baisser à tout prix les taux longs - pourrait finir par se retourner contre elle, en provoquant le krach obligataire que redoutent tous les investisseurs, sans savoir quand il se produira. À moins que... la création monétaire sans limites apportée par la banque centrale américaine ne soit justement la solution ultime au problème posé par l'accumulation des dettes publiques et privées. Cette solution, c'est l'inflation, et beaucoup d'économistes reconnaissent tout bas que c'est la dernière planche de salut de l'Occident en crise. Si avec cela la Fed ne sauve pas le monde, il ne lui restera plus qu'à appeler... les Martiens !pmabille@latribune.f

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