L'action BP et le risque Deepwater
La Tribune
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On est loin du chiffre de départ. Après 7,7 milliards de dollars de charges additionnelles, la direction de BP estime désormais à 40 milliards de dollars le coût probable pour le groupe de l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon, le 20 avril dans le Golfe du Mexique. L'addition intègre le fonds d'indemnisation des victimes (20 milliards de dollars devant être intégralement approvisionné fin 2013). Cette annonce a semblé rassurer les marchés qui, en juin, lorsque les fuites semblaient incontrôlables, craignaient que la facture n'atteigne 60 à 70 milliards. Quarante milliards pour solde de tout compte ? Pas sûr. Car cette estimation ne comprend que le quart d'une amende toujours possible pour « grave négligence » dont le groupe pourrait avoir à s'acquitter en violation du Clean Water Act. Et surtout, elle ne tient pas compte des procédures judiciaires qui pourraient être engagées par les différentes parties prenantes à l'issue des investigations en cours. Le groupe pétrolier a d'ores et déjà commencé à se retourner contre ses partenaires, le japonais Mitsui et l'américain Anadarko qui détenaient 35 % du puits, pour partager la douloureuse. Mais il reste toujours un gros point d'interrogation sur l'impact réel de cette catastrophe qui a déjà valu à BP de perdre, encore aujourd'hui, 40 milliards de livres de capitalisation, soit près de 70 milliards de dollars. Le vrai coût de Deepwater Horizon risque en fait d'aller bien au-delà des provisions prises et de toucher sa capacité de production. Nul ne peut dire aujourd'hui quel sera à l'avenir le périmètre du groupe, après la vente programmée de 14 milliards de dollars de sites pétroliers au Canada, en Colombie, en Egypte et au Venezuela - sachant qu'il lui reste encore 16 milliards d'actifs à céder. Et nul ne peut dire s'il pourra rester dans le Golfe du Mexique, qui représentait avant l'explosion 11 % de sa production totale. Enfin, BP, réputé « low cost » dans le secteur, va faire face à une forte augmentation de ses coûts de production pour devenir un modèle de sécurité. Pour les gérants Arnaud Cayla, chez Barclays, et Sébastien Lagarde chez Axa IM, c'est clair : l'effet Deepwater pèsera durablement sur la valeur.
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