Grèce : au fait, qui va payer ?
La Tribune
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À l'ouverture des marchés, le mécanisme de sauvetage de 110 milliards d'euros sur trois ans, mis en place par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI), a été accueilli très fraîchement ! L'attentisme a régné en maître tout au long de la journée bien que l'accord européen semble crédible dans les engagements de financement des seize membres de la zone euro. Leur effort est calqué sur la base de leur détention du capital de la Banque centrale européenne. Ensemble, ils ont promis une assistance de 80 milliards de prêts bilatéraux. Parallèlement, Christine Lagarde, la ministre de l'Économie française, a demandé aux banques de maintenir les engagements qu'elles ont pris en Grèce et son homologue allemand Wolfgang Schaüble va recevoir d'ici à mercredi matin des représentants du secteur bancaire allemand pour discuter de la participation du secteur privé à ce sauvetage.Face à toutes ces promesses, l'euro a brillé par son immobilisme, glissant dans l'après-midi légèrement sous 1,32 euro pour 1 dollar en raison de bons chiffres américains. Quant aux actions, c'est l'ouverture positive de Wall Street qui a permis aux marchés européens de revenir dans le vert (+ 0,41% à Paris). En revanche, la Bourse d'Athènes (? 0,88 %) a plié sous la menace d'une récession imposée par le plan d'ajustement. Sur le front des obligations d'État, les progrès étaient maigres pour les titres à 10 ans grecs et portugais, les plus attaqués à la veille du week-end. Le rendement du 10 ans grec s'est détendu de 44 points de base (1 point de base est égal à 0,01 %), à 8,52 %, tandis que son homologue portugais affichait un rendement de 5,12 % (? 2 points de base). S'il fallait un signe d'espoir pour penser que la spéculation lâchait prise, c'est sur l'échéance des bons du trésor grecs à 2 ans que les progrès étaient les plus sensibles. Son rendement s'est estompé de 270 points de base, mais il restait au-dessus de la barre des 10 %, à 10,02 %. Heureusement que le plan de sauvetage de l'Europe et du FMI permet à Athènes de ne plus avoir besoin de se financer sur les marchés. joli pied de nezComme l'explique Laurence Boone, économiste de la banque Barclays, « la question du financement de la Grèce est réglée pour les trois prochaines années » ! Ce temps doit suffire, selon elle, à conduire les ajustements nécessaires des finances du pays. L'autre décision importante tient à la modification intervenue du côté de la Banque centrale européenne qui prendra dorénavant tous les titres émis ou garantis par l'État. Un joli pied de nez aux agences de notation.Le vrai test pour les marchés, indique Laurence Boone, ce sera la grève générale prévue mercredi, dont l'ampleur montrera si le corps social grec adhère ou refuse le plan d'austérité. De son côté, Bruno Cavalier, économiste chez Oddo Securities relève que c'est le sommet européen de vendredi qui permettra de juger de la solidarité véritable au sein de la zone euro. Après ces deux échéances, la spéculation pourrait enfin en rabattre.
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