Très endetté, le Japon craint de vivre un scénario grec

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Un scénario grec peut parfaitement se produire au Japon dans quelques années. La dette publique de la Grèce était inférieure à celle du Japon quand ses problèmes sont apparus » : ce cri du coeur d'un haut fonctionnaire de la Banque du Japon (BoJ) est partagé par l'ensemble des responsables économiques de l'archipel. Il a été repris il y a quelques jours par un responsable japonais du Fonds Monétaire International (FMI) : «  Le Japon ne devrait pas regarder la Grèce comme un cas qui ne le concerne pas », a prévenu Naoyuki Shinohara, directeur général au FMI. Le Japon observe avec minutie les développements de la crise grecque, convaincu qu'il pourrait être le prochain domino à tomber. entre dette et déflationLes finances publiques du Japon sont, comme dans le reste du monde, dans un triste état. Si la dette publique approche le seuil des 200 % du PIB, la dette nette, elle, est plutôt aux alentours de 100 %, soit au niveau de l'Italie par exemple. « Et les ménages ne sont pas endettés », fait remarquer l'analyste indépendant Laurent Halmos. Mais au Japon les problèmes sont structurels, et ne seront pas résolus par un prochain « rebond- de-croissance ». Le pays est pris en ciseau entre une dette colossale qui l'obligera bientôt à augmenter les impôts, et une déflation nourrie par la chute continuelle de la demande, qui elle-même vient du déclin démographique du pays, impossible à enrayer. « Certes, la dette de la Grèce est contrôlée par des étrangers, et celle du Japon par des Japonais. Mais le Japon devra lui aussi trouver des investisseurs étrangers pour son papier, car la dette, à environ 900.000 milliards de yens dépassera bientôt le patrimoine des Japonais, qui représente environ 1.000 trillions », avertit notre haut fonctionnaire de la BoJ. Le Premier ministre Yukio Hatoyama devrait rendre public un plan de redressement des finances de l'État en juin.

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