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Coût du travail : le gouvernement bluffe-t-il avec les entreprises ?

La Tribune

Publié le 03 septembre 2013 à 21:02 - Mis à jour le 03 septembre 2013 à 21:02

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Depuis le début de l\'été, le gouvernement multiplie les déclarations de bonne volonté en direction des entreprises. Lors des universités du Medef fin août, Pierre Moscovici promettait que les prélèvements obligatoires pesant sur les entreprises seraient stabilisés en 2014 avant de baisser les années suivantes. Quelques jours plus tard, Bernard Cazeneuve, le ministre délégué au Budget lui emboitait le pas en déclarant que l\'objectif de stabilisation des prélèvements obligatoires serait atteint en 2014 avec un an d\'avance.>> Lire aussi : Pierre Moscovici tend la main au Medef... Qui n\'a pas l\'intention de la lâcher L\'Élysée s\'en mêleMême François Hollande s\'est exprimé sur le sujet. « Le temps est venu de faire - plus tôt qu\'il n\'avait été prévu - une pause fiscale », a déclaré le président de la République dans un entretien au Monde.Est-ce tout ? Lundi, Pierre Gattaz, le président du Medef, obtenait l\'engagement du gouvernement de l\'ouverture d\'une concertation à court terme sur la baisse du coût du travail et de la fiscalité pesant sur les entreprises.>> Lire aussi : Le Medef annonce le lancement d\'une concertation sur le coût du travailLa CGPME a aussi eu des assurancesEnfin, reçue ce mardi à Bercy, la CGPME n\'est pas non plus repartie les mains vides. « MM. Moscovici et Cazeneuve, réaffirmant leur volonté de compenser toute éventuelle hausse de cotisations, se sont déclarés soucieux de ne pas peser sur le coût du travail ni dégrader les conditions de production, tout en exprimant leur volonté de simplifier et de rationaliser l\'imposition pesant sur les entreprises », annonce la Confédération dans un communiqué.Après le risque de « ras-le-bol fiscal » évoqué un peu plus tôt au mois d\'août par Pierre Moscovici, toutes ces déclarations viennent réchauffer les relations entre l\'exécutif et les entreprises qui réclament encore et toujours un choc de compétitivité. Un choc estimé à 100 milliards d\'euros par Pierre Gattaz, le président du Medef.  Un départ ratéComment expliquer ces jolies déclarations d\'intention ? Simplement, le gouvernement essaie encore et toujours d\'effacer les dégâts causés la loi de finances rectificatives 2012, la loi de finances et la loi de financement de la Sécurité sociale 2013 qui ont alourdi de plus de 13 milliards d\'euros la charge fiscale des entreprises. Le lancement du crédit d\'impôt pour la compétitivité et l\'emploi (CICE) en février puis l\'organisation des Assises de l\'entrepreneuriat en mars n\'ont semblent-ils pas suffi. Le gouvernement peine encore à refaire son retard après ce départ raté. Sa cote d\'amour est encore faible auprès des chefs d\'entreprises.Pragmatique, l\'exécutif sait aussi que son action dans le domaine économique ne pourra produire pleinement ses effets si les entreprises se défient de lui et ne jouent pas le jeu, notamment pour faire baisser le nombre de demandeurs d\'emplois. En juillet, celui était estimé à 3,3 millions en catégorie A par Pôle emploi. Comme on le concède au ministère du Travail, le contrat de génération et le contrat d\'avenir ne sont pas des dispositifs assez puissants pour inverser la courbe du chômage comme le souhaite désespérément le gouvernement. En revanche, ces dispositifs permettent de réduire le chômage des jeunes, en baisse quasi constante depuis la fin du printemps.      Paroles, paroles…Mais pour l\'instant, les entreprises ne se payent que de mots. Cette séquence estivale de calinothérapie indique-t-elle que les entreprises seront réellement épargnées par le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2014 ? Rien n\'est moins sûr.En 2013, les organisations patronales avaient également eu droit à de nombreux messages positifs avant de subir un nouveau relèvement de la pression fiscale, notamment dans le cadre du PLFSS. Symbole de cette charge de l\'Etat sur les entreprises ? La forte augmentation de la taxation des plus-values de cession qui fut à l\'origine de la création du mouvement des Pigeons. Par ailleurs, les organisations patronales ont toujours à l\'esprit le message du gouvernement qui, avant l\'été, indiquait sa volonté de « verdir » la fiscalité pesant sur les entreprises pour financer la transition énergétique.Au Medef, on reste prudentRésultat, au Medef, on ne s\'enflamme pas. « Nous attendons de savoir si ces belles paroles se traduiront dans les faits. On sait déjà que les mesures \'exceptionnelles\' de la loi de finances 2013 et qui ont rapporté 4,5 milliards d\'euros seront reconduites en 2014 car le gouvernement n\'a pas de recettes de substitution. C\'est de l\'exceptionnel qui dure ! », regrette Geoffroy Roux de Bézieux, le vice-président du Medef en charge de la fiscalité.Dans le dossier des retraites, si les entreprises pourraient voir une partie des hausses de cotisations compensées par une baisse des cotisations famille dès 2014 et ce, tout au long du quinquennat, une cotisation « pénibilit頻 à la charge des entreprises est d\'ores et déjà à l\'ordre du jour.Quant au relèvement de la fiscalité écologique, il est également programmé. Les propositions faites au début de l\'été par Christian de Perthuis mandaté par le gouvernement seraient déjà actées. Le scénario de l\'économiste prévoit un démarrage à 7 euros la tonne de carbone en 2014 avant de grimper jusqu\'à 20 euros la tonne en 2020. Ce calibrage impacterait directement le prix des carburants à la pompe. Ainsi, le prix du litre de diesel augmenterait de 1,86 centime la première année et continuerait à progresser. En 2020, le prix du litre augmenterait ainsi de 5,3 centimes. D\'autres mesures sont attendues comme la suppression de niches jugées peu écologiques, comme celle qui bénéficie aux biocarburants.

La Tribune

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