Les libéraux allemands vont changer de tête
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Il avait pourtant juré qu'il ne renoncerait à aucune de ses fonctions. Mais la pression a été trop forte sur Guido Westerwelle. Le ministre fédéral allemand des Affaires étrangères a annoncé dimanche qu'il quittera en mai prochain la présidence du Parti libéral, le FDP, l'allié du Parti chrétien-démocrate d'Angela Merkel à Berlin. Lundi, il a ajouté que ce départ impliquait également sa démission du poste de vice-chancelier qu'il occupait depuis la victoire de la coalition libérale-conservatrice en septembre 2009 et qui devrait revenir à son successeur. Guido Westerwelle entend néanmoins demeurer ministre des Affaires étrangères, mais il n'est pas certain qu'il puisse conserver longtemps ce portefeuille, car le FDP va désormais tenter de prendre un nouveau départ. Et pour cela, il devra faire la preuve de la rupture avec l'ère Westerwelle.Car l'échec de ce dernier est aussi l'échec de sa stratégie. Pour sortir le FDP de son statut de « petit parti d'appoint », habitué à des scores compris entre 7 et 10 %, Guido Westerwelle a manié la démagogie fiscale, promettant des baisses d'impôts de 35 milliards d'euros. La manoeuvre a eu son heure de gloire : en septembre 2009, le FDP obtient un score historique de 14,7 % des voix lors des élections fédérales. Mais ces promesses ne résisteront pas à la pratique gouvernementale. Angela Merkel décide en mai 2010 de renoncer aux baisses d'impôts et annonce la rigueur. DésamourDès lors, le credo de Guido Westerwelle n'existe plus : son attachement à la réforme fiscale n'est pas plus crédible que son discours musclé contre les « mauvais élèves » de la zone euro. Les élections locales du 27 mars dernier ont confirmé dans les urnes le désamour entre le FDP et les électeurs. La position du vice-chancelier n'était plus crédible.Son successeur sera connu ce mardi. Le favori est l'actuel ministre de la Santé, Philipp Rösler. Il apparaît pour beaucoup comme capable de réorienter le FDP autour d'un « libéralisme responsable ». Pragmatique, il a souvent plaidé pour la réintroduction de la notion de « solidarité » dans le programme libéral. Mais la vraie question sera celle de son comportement vis-à-vis de la chancelière. Voudra-t-il s'en démarquer ou au contraire pleinement jouer la solidarité gouvernementale ? Pour Angela Merkel, qui avait toujours soutenu Guido Westerwelle, la réponse à cette question et le succès de la relance du FDP seront déterminants pour faire face à la poussée des Verts, mais également pour déterminer ses futures marges de manoeuvres en politique intérieure et étrangère. Romaric Godin, à Francfort
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