La Slovénie échappe provisoirement aux griffes de la Troïka

La Slovénie ne veut pas être le sixième pays de la zone euro à appeler à l’aide internationale. Le premier ministre de l’ex-république yougoslave membre de la zone euro depuis 2007, Janez Jansa, a affirmé ce mercredi à Maribor, dans le nord du pays, que son gouvernement n’entendait pas faire appel au FESF ou au MES pour renflouer le système bancaire du pays. « Pour le moment, le danger est écarté que nous demandions l’aide du FMI ou du mécanisme d’aide européen », a-t-il indiqué.Sauvetage bancaireLa première banque du pays, la Nova Ljubljanska Banka (NLB), est en difficulté. Partiellement privatisée, cette banque peine à atteindre le ratio de solvabilité de 9 % exigé depuis dimanche par l’Union européenne. La banque belge KBC, qui possède 25 % de la NLB, n’a pas souhaité participer à une levée de fonds et c’est donc l’Etat slovène qui doit mettre la main à la poche pour 383 millions d’euros. Une somme considérable pour un Etat qui a affiché en 2011 un déficit public de 2,3 milliards d’euros (soit 6,4 % du PIB).Austérité au menuLa semaine passée, le premier ministre n’avait pas exclu un « scénario à la grecque », d’autant que l’autre grande banque du pays, la Nova Kreditna Banka Maribor (NKBM), est également en difficulté. Mais il a vite corrigé le tir et se veut désormais confiant, comptant sur le nouveau plan de rigueur qui a été voté par le parlement. Ce plan prévoit notamment des coupes dans le salaire des fonctionnaires et devrait permettre de réduire cette année le déficit à 4 % du PIB.Une économie en contractionJadis un des « tigres » de l’Europe centrale, la Slovénie ne s’est jamais vraiment remise de la crise de 2009 où son PIB avait reculé de 8 %. En 2011, après une faible croissance en 2010 de 1,4 %, la richesse nationale du pays s’est une nouvelle fois contractée de 0,2 %. Le pays souffre de plusieurs problèmes structurels, d’un poids élevé de l’Etat dans l’économie et d’un secteur bancaire fragile. Dans son dernier point de conjoncture, la Commission européenne prévoyait encore une lourde chute du PIB cette année de 1,4 % avant un léger redressement (+0,7 %) en 2013. Cette déprime économique a pesé lourd dans le creusement d’un déficit qui était en 2007 quasiment inexistant.Epées de DamoclèsEn réalité, il semble difficile de croire que Ljubljana pourrait éviter de recourir à l’aide européenne. Certes, son niveau de dette reste faible (48 % en 2011), mais il croît rapidement compte tenu du déficit public qui devrait encore rester élevé en 2013. A cette date, la Slovénie devrait tutoyer les 60 % de dette par rapport au PIB, limite maximale fixée par le traité de Maastricht. Le gouvernement risque, en ajoutant de l’austérité à la dépression, de creuser encore la spirale déflationniste qui touche le pays. Et de fragiliser encore les finances publiques du pays. A ceci s’ajoute l’incertitude du cas de la NKBM que le gouvernement s’est engagé à renflouer quoi qu’il arrive. Quant à la NBL, son sauvetage est provisoire et Bruxelles a demandé que l’on trouve une autre solution avant la fin de l’année. Or, il sera difficile d’attirer des investisseurs vers une banque slovène. Bref, la Slovénie n’est pas tirée d’affaire.    

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