Le vent tourne pour le dollar face à toutes les grandes monnaies

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Les acteurs du marché des changes ont enlevé les lunettes roses avec lesquelles ils regardaient le dollar, après l'avalanche de statistiques chagrines sur les États-Unis diffusées la semaine dernière, marquant une franche décélération du rythme de la reprise. L'immobilier est à nouveau plombé, la confiance des consommateurs recule, l'activité manufacturière s'essouffle et le marché du travail recommence à se dégrader. Bien qu'ils suspectent les plans de rigueur qui se mettent progressivement en place dans la zone euro, en Grande-Bretagne ou au Japon, alors que les Etats-Unis s'arc-boutent sur leur politique de relance, les opérateurs ont remis en selle les monnaies concurrentes du dollar.La première d'entre elle, la monnaie unique européenne, très chahutée en début de semaine dernière, est remontée au dessus de 1,26 dollar, après avoir replongé jusqu'à 1,2150. L'euro profite de la réduction des écarts de rendements à long terme en sa défaveur, après la chute des taux américains à dix ans en dessous de 3 % et de l'ajournement sine die des anticipations de durcissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine. Elle devrait maintenir le taux cible des fonds fédéraux à un niveau voisin de zéro tout au long du millésime en cours, contre 1 % pour le taux directeur de la Banque centrale européenne. Le dollar s'est également affaissé face à la livre sterling, remontée de 1,4875 à 1,5230. La monnaie de Sa Majesté profite de l'effet vertueux du très austère budget présenté par le nouveau chancelier de l'Echiquier, George Osborne, qui éradique le spectre d'une dégradation prochaine de la note souveraine de la Grande-Bretagne par les agences de notation, récemment tentées de lui retirer son prestigieux triple A.Série de recordsLe billet vert a aussi perdu pied vis-à-vis du yen, qui s'est hissé en fin de semaine à son meilleur niveau depuis sept mois, pour s'envoler jusqu'à 86,95. Pour le stratège change de la Deutsche Bank à Londres, le yen pourrait enfoncer le seuil de 80 dollar et pulvériser le record historique de 79,75, qui remonte à 1995. Le franc suisse est l'autre valeur refuge en temps d'incertitude, avec le yen. La monnaie la plus demandée du G10, qui a signé une série de records historiques face à l'euro, s'est propulsée de 1,0950 à 1,0580 pour un dollar la semaine dernière et les analystes chartistes promettent au franc suisse la montée à parité avec le dollar que l'on n'a pas revue depuis 2008, lorsqu'il a brisé sa moyenne mobile à 200 jours, à 1,06. Isabelle Croizard

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