Les « think tanks » veulent jouer un rôle majeur dans la bataille d'idées pour 2012

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«C'est un véritable succès. Le nombre de « think tanks » participants (21) ne cesse de croître, nous avons dû en refuser ». À l'origine de la première réunion des « think tanks », qui se tiendra ce samedi à Paris, Dominique Reynié, directeur général de la Fondapol, ne boude pas son plaisir. Ces structures, somme toute récentes en France, se sont acclimatées. Notoriété acquise grâce à une reconnaissance médiatique croissante, influence de plus en plus sensible... Pour beaucoup de ces laboratoires d'idées, c'est l'heure de la maturité. Plusieurs d'entre eux ne vont pas s'arrêter en si bon chemin et ont bien l'intention de pousser leur avantage, afin de jouer un rôle majeur dans la bataille d'idées qui s'annonce pour l'élection présidentielle de 2012. Il s'agit d'influer autant que faire se peut sur les programmes qui s'élaboreront à partir de 2011. Car un « think tank », c'est non seulement un lieu de réflexion sur les questions politiques au sens large, mais aussi et surtout une structure capable de formuler des propositions opérationnelles. Ainsi, Terra Nova publiera en avril un document de synthèse, suggérant aux partis de gauche gouvernementale orientations politiques et décisions concrètes. Rassemblant experts et hauts fonctionnaires souvent proches du PS, une soixantaine de groupes de travail sont déjà à pied d'oeuvre, confrontant leurs points de vues à ceux des élus de gauche. « Comme par hasard, nous voyons aujourd'hui affluer de nombreux fonctionnaires, désireux de contribuer à nos travaux et sans doute de se rapprocher du Parti socialiste, susceptible de revenir aux affaires » souligne un contributeur actif. Président de Terra Nova, Olivier Ferrand peut s'appuyer sur plusieurs « réussites » : sa fondation a été à l'origine des primaires à gauche, a lancé le débat sur la taxe carbone, sur la taxation des retraités... « Notre critère de succès, c'est que nos propositions soient étudiées et arbitrées par le politique», affirme Olivier Ferrand. Evidemment, si elles sont retenues.Pas question pour l'Institut Montaigne, le plus gros « think tank » français eu égard à son budget, de se livrer à l'exercice de la synthèse programmatique, affirme son directeur général, François Rachline. Mais celui-ci voit dans la période qui s'ouvre un « accélérateur » des débats, des prises de conscience. L'Institut va tracer son sillon sur ses thèmes de prédilection, qui vont du système scolaire à l'assurance-maladie, en passant par la diversité en entreprise et la fiscalité. « Montaigne » s'affirme apolitique, même si ses thèses sont plus proches du libéralisme que de la pensée d'Olivier Besancenot. La ligne directrice, c'est de contribuer au « déblocage » de la société française, estime François Rachline, qui n'apprécie pas le terme jugé trop négatif. La Fondapol, elle, se situe clairement à droite, même si elle n'a plus de lien avec l'UMP (lire ci-contre). « Tout l'intérêt de notre travail, c'est qu'il ne dépend en rien de logiques partisanes, de clientèles à ménager» souligne son directeur général, Dominique Reynié. Il a l'intention d'accélérer son rythme de publications dans la perspective de 2012, insistant sur les thèmes de la dépense publique - comment la réduire ? - et de la concurrence.Les « think tanks » ont donc trouvé leur place en France. Mais leurs budgets restent très faibles, en comparaison de ceux dont disposent les structures anglo-saxonnes ou même allemandes.

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