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Publié le 04 novembre 2010 à 22:26 - Mis à jour le 04 novembre 2010 à 22:26

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Les démocrates les plus optimistes nous rappellent que presque tous les présidents ont été « punis » lors des élections de « mid-term » : de Franklin Roosevelt à George W. Bush en passant par Ronald Reagan et Bill Clinton, c'est quasiment la règle. Pourtant Barack Obama aura une tâche plus dure que ses prédécesseurs s'il veut être réélu deux ans après cette défaite. D'abord, paradoxalement, il est desservi par le fait que son parti a gardé une majorité au Sénat, bien que réduite. Car il ne pourra pas attribuer aux élus républicains la responsabilité de toutes les réformes manquées dans les deux prochaines années. Au contraire, c'est la droite qui aura la part belle : elle peut continuer de « jouer l'opposition », tout en ayant un pouvoir de veto formidable sur chaque loi qui comporte un coût pour les finances publiques. Ensuite et surtout, le handicap majeur pour Barack Obama c'est toujours cette crise économique dont on ne voit pas la fin, au moins en ce qui concerne la situation de l'emploi. Ce n'est pas facile pour le président d'interpréter de façon correcte le résultat des élections législatives. D'un côté, les démocrates ont perdu le soutien des jeunes, des immigrés, des femmes, des électeurs déçus par la prolongation du conflit en Afghanistan ou par l'échec du sommet de Copenhague sur l'environnement. Ces catégories d'électeurs ont en partie fait le choix de rester chez eux le 2 novembre. Pour les récupérer d'ici à 2012, M. Obama devrait virer à gauche. De l'autre côté, les démocrates ont vu fuir nombre d'électeurs du centre, les indépendants ayant massivement préféré le Parti républicain. Ceux-là sont effrayés par la montée de la dette publique. Pour les récupérer le président devrait suivre une politique de rigueur budgétaire, donc virer à droite.En partie, il a déjà fait son choix : dans sa première conférence de presse le 3 novembre, Barack Obama a indiqué les sujets sur lesquels il cherchera une entente avec la droite : les économies budgétaires et les réductions d'impôts (y compris pour les contribuables les plus riches) ; une politique d'indépendance énergétique fondée sur trois piliers (gaz naturel, nucléaire, l'auto électrique) ; enfin le commerce extérieur pour lequel il signera très bientôt un accord de libre-échange avec la Corée du Sud. Pour ne pas trop décevoir sa gauche, il a révélé aussi des sujets non négociables : pas de coupes budgétaires sur l'Éducation nationale, pas question non plus de supprimer la réforme toute récente du système de santé.Le Tea Party n'a pas réussi à faire élire tous ses candidats mais il a au moins un présidentiable (Marco Rubio) et il s'impose comme un acteur majeur dans cette phase politique. Ses leaders ont très bien étudié le « modèle Obama », ils ont appris la leçon de son triomphe en 2008, lorsqu'il neutralisa l'establishment démocrate et la formidable machine de pouvoir de la famille Clinton. Les animateurs du Tea Party appliquent des méthodes de recrutement et de propagande très modernes, calquées sur le mouvement de la gauche californienne MoveOn. C'est une sorte d'« insurrection », pacifique bien entendu, qui surgit de la société civile pour s'attaquer à l'État providence, à tout ce qui est perçu à tort ou à raison comme le « socialisme » d'Obama.Ce genre de mobilisation anti-étatique est une tradition ancienne aux États-Unis, le précédent le plus célèbre étant la révolte contre les impôts en 1979 en Californie, ce qui fut la véritable naissance du mouvement néolibéral qui porta Ronald Reagan à la Maison-Blanche. Ce genre de mobilisation peut s'éteindre rapidement en cas de « récupération » par une nomenklatura de politiciens traditionnels.Finalement, c'est l'évolution économique qui aura le dernier mot. Si M. Obama ne trouve pas une stratégie efficace pour relancer la création d'emplois, il deviendra tout simplement le président de l'appauvrissement de l'Amérique. Si la droite obéit aux pulsions primaires du Tea Party, on aura des coupes budgétaires « à la David Cameron » qui peuvent aggraver la crise en plongeant les États-Unis dans une deuxième récession. Au retour de son voyage en Asie, Barack Obama devra renouveler son équipe gouvernementale. Ensuite, le président et la nouvelle droite passeront les premières épreuves de leur « cohabitation ». D'ici au nouvel an, vraisemblablement, il n'y aura que la Federal Reserve à l'oeuvre, pour essayer de relancer la croissance avec ses rachats massifs de titres de la dette publique.Par Federico Rampini correspondant de « La Repubblica » à New York

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