Saint-Gobain s'implante au Proche-Orient

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Les confidences sont souvent révélatrices : Pierre-André de Chalendar, le PDG de Saint-Gobain, a raconté mercredi qu'un directeur aux États-Unis lui avait dit qu'il pourrait bientôt considérer l'Amérique comme un pays émergent et y investir en tant que tel. Le PDG de Saint-Gobain est ensuite revenu à son propos officiel pour assurer que les ventes de logements neufs, tombées à 500.000 unités outre-Atlantique, remonteraient à 1 million, passé la crise. Pas si sûr.Quoi qu'il en soit, Saint-Gobain tire les leçons du basculement du monde. Le groupe verrier a inauguré mercredi, à 120 km à l'est du Caire (Égypte), sa première usine de production de verre plat au Proche-Orient d'une capacité de 900 tonnes par jour. L'usine d'Ain el Sokhna, qui a coûté 130 millions d'euros, sera le plus grand « float » de la région [par référence au bain d'étain sur lequel « flotte » le verre issu du four, Ndlr]. En mettant d'entrée de jeu la barre haut, Saint- Gobain, qui s'est associé avec un investisseur égyptien MMID et le groupe turc Sisecam, indique qu'il dépassera ses concurrents locaux, l'américain Guardian et l'égyptien Sphynx, qui produisent respectivement 450 et 600 tonnes par jour.Hôtels de luxe en projetSelon Saint-Gobain, le marché égyptien du verre croît de 10 % par an, dans le bâtiment comme l'automobile. « Nous investissons en raison de la croissance démographique, de l'élévation du niveau de vie et des investissements réalisés en Égypte par les pays du Golfe », indique le PDG. Des hôtels de luxe et des immeubles de bureaux seraient en projet au Caire. L'autre moitié de la production de l'usine sera destinée à l'exportation, vers le Proche-Orient (Liban, Syrie, Jordanie) et l'Afrique. En parallèle, Saint-Gobain compte débourser près de 500 millions d'euros d'ici à 2012 pour ouvrir un troisième « float » en Inde, un cinquième au Brésil, le premier en Russie et en Colombie. Et consacrer, de manière générale, les deux tiers de ses investissements dans de nouvelles capacités aux pays émergents sur les cinq ans à venir, contre un gros tiers sur les cinq dernières années. Objectif : porter la part du chiffre d'affaires réalisée dans les pays émergents par l'ensemble du groupe Saint-Gobain, toutes activités confondues, de 18 % aujourd'hui à 25 % à 30 % d'ici à cinq ans.Reste que croître à marche forcée dans autant de pays n'est pas sans risques. Pierre-André de Chalendar reste lucide : ainsi il n'entend pas s'associer avec des Chinois ni ouvrir une nouvelle usine en Chine au-delà des deux qu'il détient déjà, car il constate que les provinces du pays veulent toutes avoir leur four verrier, au risque de créer de larges surcapacités. Avec la crise financière, Saint-Gobain a dû décaler de neuf mois le lancement d'Ain el Sokhna. En Europe, pour les mêmes raisons, le groupe a arrêté quatre « floats » sur les dix-huit qu'il compte sur le Vieux Continent. Pour l'heure, il ne les a pas relancés.

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