Sanofi toujours en lice pour acheter Ratiopharm

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harmacieRatiopharm sera-t-elle la treizième acquisition de Chris Viehbacher, le patron de Sanofi-Aventis ? L'affirmative est tentante au vu de la frénésie d'achats du labo français, mais aussi pour des raisons stratégiques. « Une telle opération serait totalement dans la logique de Sanofi : se renforcer aux deux extrémités de la chaîne de valeur, avec des rachats de biotechs d'un côté, des génériqueurs de l'autre », indiquait hier à « La Tribune » un bon connaisseur du secteur. Le français fait en tout cas partie des derniers prétendants encore en lice, avec l'israélien Teva et le chinois Sinopharm, à l'issue du deuxième « round » des négociations achevé cette semaine, selon Bloomberg. La dizaine d'autres, industriels (Pfizer) ou fonds (Permira, Apax), semblent recalés. Condamné à sortir du giron du groupe Merckle, étranglé par les dettes depuis le suicide de son fondateur en janvier, Ratiopharm est officiellement en vente depuis mi-septembre. Le numéro quatre mondial des génériques attend cette année 1,6 milliard d'euros de revenus. À fin septembre, il a dégagé un excédent brut d'exploitation (Ebitda) de 16 %, dans la moyenne haute du secteur. De quoi justifier une valorisation de 2 milliards à 3 milliards d'euros, « Les génériqueurs se paient aujourd'hui 1,5 fois les ventes, mais certains acheteurs sont prêts à débourser plus en raison du caractère stable et prévisible de l'activit頻, confirme Patrick Biecheler, chez Roland Berger. Surtout, la mariée présente un atout de taille. Ratiopharm, qui fabrique encore essentiellement des génériques de produits courants (Prozac, Voltarène?), vient de lancer son deuxième biosimilaire, un EPO (facteur de croissance), après un premier produit en chimiothérapie (Ratiograstim) l'an dernier. Ces « copies » de médicaments biotechs sont complexes à mettre au point, peu concurrentielles et très rentables. Le marché des biosimilaires est chiffré à 40 milliards de dollars à l'horizon 2012. « Nous visons 200 millions d'euros de chiffre d'affaires avec les biosimilaires en 2014, contre 20 millions cette année », indique Ratiopharm à « La Tribune ».Reste à savoir qui emportera la mise. Avec un flux de trésorerie de près de 7 milliards d'euros à fin septembre, Sanofi en a les moyens. Teva a déjà indiqué viser 5 à 6 biosimilaires dès 2013. Quant à l'intérêt de Sinopharm, « il n'est pas étonnant au vu de l'appétence des pays émergents pour les génériques », note un expert. D'autant que Ratiopharm réalise seulement 12 % de ses ventes hors d'Europe (Canada) et 47 % en Allemagne. « Le processus sera finalisé au premier trimestre 2010 », se bornait à indiquer Ratiopharm ce vendredi. AUDREY TONNELIERRatiopharm vient de lancer un deuxième biosimilaire, un médicament complexe à mettre au point mais très rentable.

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