La peur de l'écran noir mobilise l'opposition

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Le débat sur l'extinction de la diffusion analogique de la télévision est devenu un affrontement droite-gauche. Lors de l'examen de la proposition de loi Pintat sur la fracture numérique, lundi 30 novembre, les députés socialistes ont vivement critiqué le dispositif prévu par les pouvoirs publics : « scandaleux et injurieux pour les populations » pour François Brottes, une « régression manifeste » selon Patrick Bloche.Initialement, le dispositif avait aussi été contesté par des députés de la majorité, mettant le gouvernement en difficulté lors de l'examen en commission des affaires économiques. Mais Matignon a ensuite réussi à faire rentrer dans le rang ses troupes, en modifiant plusieurs éléments. En particulier, le gouvernement a décidé de doubler la puissance des émetteurs, ce qui permettra de faire passer la couverture en TNT de la population de 95 % à 96,6 %. « Lorsque nous avons commencé à examiner ce texte en commission, il n'existait pas de consensus au sein de la majorité, a reconnu lundi Patrick Ollier, président UMP de la commission. Un énorme quiproquo est né suite à la divulgation par un opérateur [allusion à TDF, Ndlr] de documents contenant de fausses informations ». Pour Jean Dionis du Séjour (Nouveau Centre), « ce texte nous était arrivé bien mal ficelé. La commission s'est révoltée de manière exceptionnelle, toutes sensibilités confondues. Cela a été à l'origine d'une refonte du dispositif ».Mais l'opposition n'a pas été convaincue. Son argument ? qui est aussi celui de TDF ? est simple : lors du passage de l'analogique au numérique, la couverture va diminuer en raison de l'extinction de près de 2.000 petits émetteurs, ce qui représente « 54 % des émetteurs analogiques », selon François Brottes. Selon elle, la couverture va donc passer de près de 99 % en analogique à 96,6 % en numérique. En outre, elle déplore que les chaînes de télévision historiques ne veulent pas payer le maintien de ces petits émetteurs, alors que TF1, par exemple, réalisera « une économie considérable de près de 53 millions d'euros par an », lors du passage au numérique.« tout ou rien »Alain Méar, conseiller du CSA chargé du dossier, répond que « ce chiffre de 98 % ou 99 % correspond en réalité à une réception dégradée avec ?neige? sur l'écran et souffle sonore. Cette réception dégradée n'existe pas en TNT, où c'est tout ou rien : soit vous ne la recevez pas, soit vous la recevez dans sa plénitude » (lire ci-dessous). Selon lui, il est plus pertinent de comparer avec les 95,9 % de couverture analogique de France 2 en qualité standard. n

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