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Pour la deuxième fois en moins de trois mois, la livre sterling se retrouve au « croisement de la mort ». C'est-à-dire que la monnaie de Sa Majesté serait au bord d'un mouvement de baisse violent, si l'on en croit l'analyse technique, qui pointe une configuration extrêmement négative. Elle se concrétisera si sa moyenne mobile à 20 jours face au dollar, qui se situe à 1,6121, tombe en dessous de celle à 200 jours, de 1,6093, dont elle est désormais très proche sur le marché au comptant. Dans une telle hypothèse, la livre pourrait refluer jusqu'à 1,57 dollar, contre un point bas de 1,5990 mardi. Parallèlement, le sterling a refranchi le seuil de 0,90 pour 1 euro et certains recommencent à évoquer une prochaine chute vers la parité avec la monnaie unique qu'elle était venue affleurer pour la première fois de l'histoire à la fin du mois de décembre 2008.Monnaie la plus volatile du monde, la livre cumule en effet les handicaps. D'abord, elle représente le pays le plus économiquement faible du G7. Malgré l'explosion de son déficit public, la Grande-Bretagne est la seule à ne s'être pas encore extirpée de la récession au troisième trimestre. mise à l'épreuveOr, il semblerait que la logique du marché reprenant ses droits, les taux de change recommencent à refléter les fondamentaux économiques. Et ils sont défavorables à la livre. La Banque d'Angleterre, qui ouvrira le bal des réunions monétaires de 2010 jeudi, risque de se retrouver dans une situation ingérable car, malgré la décroissance, l'inflation outre-Manche reste obstinément élevée. L'indice des prix a progressé de 1,9 % en glissement annuel en novembre et menace de refranchir le plafond de 2 % que lui assigne le gouvernement et que l'institut d'émission est en charge de faire respecter. Ensuite, la même Vieille Dame de Londres, qui maintient son taux directeur à un plancher de 0,5 % depuis mars, risque d'être la seule des grandes banques centrales à poursuivre l'assouplissement monétaire dit quantitatif, via des achats de titres de la dette publique britannique, voire à l'étoffer alors qu'il porte déjà sur 200 milliards de livres. Un environnement détestable pour la monnaie.Enfin, la livre va être mise à l'épreuve des incertitudes électorales que les marchés abhorrent. Si le Parti conservateur, mené par David Cameron, l'emporte lors des élections générales qui doivent se dérouler au plus tard en juin, un nouveau relèvement de la TVA pourrait intervenir. Elle avait été temporairement réduite de 17,5 % à 15 %, pour répondre à la crise avant un retour à la normale. Aller plus loin pénalisera lourdement la consommation des ménages et retardera le redémarrage de l'activité.

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