L'empreinte carbone, un concept en vogue

 |   |  544  mots
Le concept d'empreinte carbone suscite ces derniers temps un large intérêt. Des investisseurs mesurent le risque de leur portefeuille à l'aune de sa teneur en CO2. Les responsables achats tentent de réduire celle de leur chaîne d'approvisionnement. Et les consommateurs apprennent à déchiffrer les « étiquettes carbone » apposées sur de plus en plus de produits. Correspondant au volume de CO2 associé à la fabrication et à la consommation d'un produit, l'empreinte carbone est le plus souvent calculée à partir d'une analyse du cycle de vie (ACV) depuis l'extraction des matières premières jusqu'à la phase d'utilisation et la fin de vie. Des différences de méthodologies rendent néanmoins délicates les comparaisons entre régions et pays, notamment pour les pays en développement.Deux problématiques ont récemment relancé les recherches dans ce domaine. D'abord, la volonté de comptabiliser la totalité des émissions liées à la consommation d'un pays. « Les nomenclatures des douanes ne permettent pas d'adopter l'approche traditionnelle de l'ACV, fondée sur la consolidation de données microéconomiques, observe Éric Labouze, cofondateur et directeur général de Bio Intelligence Service, expert en ACV. On doit travailler à partir de moyennes et d'hypothèses, et sans idée quant à la marge d'incertitude. » Le sujet des émissions liées à la consommation fait d'ailleurs l'objet de différentes études au niveau européen. « En Norvège, les émissions sur le territoire se sont stabilisées ces dix dernières années, mais celles liées aux produits importés et consommés dans le pays ont fortement augmenté sur cette période », explique Edgar Hertwich. Ce chercheur de l'université de sciences et technologie d'Oslo (Norvège) est l'auteur de l'étude « Carbon Footprint of Nations : A Global, Trade-Linked Analysis » qui, pour la première fois, mesure les émissions associées aux exportations et importations de toute économie développée, sans se limiter aux pays européens.taxe aux frontièresElle conclut qu'en moyenne 72 % des émissions sont imputables à la consommation des ménages ; 10 % à celle des pouvoirs publics et 18 % aux investissements. L'alimentation représente 20 % des émissions ; le logement, 19 % ; et les transports, 17 %. Avec des variations liées au degré de développement du pays et à son climat. Le projet de taxe carbone aux frontières, à laquelle l'échec de Copenhague redonne des couleurs, alimente également le débat. Pour Éric Labouze, un moyen « très simple » de la mettre en ?uvre consisterait à attribuer aux produits importés une empreinte carbone estimée selon le scénario le plus conservateur et préjudiciable possible (fabrication utilisant des modes de production peu performants dans un pays au mix énergétique polluant) et une taxe correspondante. Charge à l'importateur de démontrer que le produit concerné est plus sobre que cette moyenne. « Un tel système inciterait les importateurs à s'assurer d'une meilleure traçabilité des filières », souligne Éric Labouze. Même si la volonté politique d'adopter cette taxe aux frontières et sa compatibilité avec les règles de l'OMC restent aujourd'hui floues, une étude européenne en cours vise à comparer les différentes méthodologies de calcul d'empreintes CO2. nL'empreinte carbone, signalée sur certains produits par des étiquettes, correspond au volume de CO2 associé à la fabrication et à la consommation d'un produit.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :