Changes : avis de tempête sur le couple euro ? dollar
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Au cours des trois dernières séances, l'euro est retombé de 1,4025 à 1,36 dollar, son plus bas niveau depuis mai 2009, soit un affaissement de près de 3 % en un laps de temps extrêmement court. C'est chose rare. La zone euro traverse sa plus forte zone de turbulences depuis sa création il y a onze ans, alors que le dollar, en dépit des rendements faméliques dont il est assorti, recommence à réagir aux données économiques fondamentales. Et elles lui sont favorables. Le tumulte qui gronde au sud de l'Europe, lié aux déficits budgétaires astronomiques des pays de la région, a permis au billet vert de porter l'estocade à la monnaie unique des Seize, qui montre tragiquement les limites du système de régime unique pour tous. Même si Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne (BCE), s'est voulu rassurant sur les « cueilleurs d'olives », dont le plus compromis est la Grèce, jeudi lors de sa conférence de presse, le ton inflexible qu'il a adopté sur le respect des règles de fonctionnement de la zone euro par tous les membres sans exception aucune, a ouvert une brèche. En outre, vendredi soir, à son arrivée au sommet du G7, il a démenti catégoriquement la tenue d'une réunion d'urgence de la BCE ce week-end. Menace de blocagePour les acteurs du marché des changes, le fonctionnement de la BCE est menacé de blocage et son pouvoir de faire évoluer son taux directeur et de mettre en oeuvre sa stratégie de sortie de crise serait désormais bridé par les énormes différentiels de conjoncture entre les États membres.De son côté, l'économie américaine a permis au dollar de reprendre l'initiative sur le marché des changes. Le rapport sur l'emploi aux États-Unis en janvier publié vendredi a surpris les économistes à deux niveaux. Ils attendaient la reprise des créations d'emplois, mais l'Oncle Sam a continué à en détruire, au rythme limité de 20.000. En revanche, le taux de chômage, attendu stable, a fortement baissé de 10 % à 9,7 % des actifs.Pour Christian Parisot, l'économiste en chef d'Aurel BGC, le scénario d'amélioration progressive du marché de l'emploi reste intact. Car les destructions de postes de travail ont été majoritairement enregistrées dans le secteur de la contruction et tiennent à des raisons météorologiques. Il souligne le rebond marqué des créations d'emplois dans l'industrie, dont les effectifs ne se renforcent que rarement. L'obstacle majeur à une sortie de la politique de taux zéro de la Réserve fédérale est en train d'être levé. Le dollar ne peut qu'y trouver son compte face à un euro devenu suspect.
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