« Les politiciens grecs doivent changer de mentalité »

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Est-ce qu'il y a des risques d'un explosion sociale généralisée ? Généralisée non. Il y a des risques de conflit sociaux oui, notamment à cause de la récession. Et plus elle durera, plus ces risques seront grands. Les Grecs vont réagir à ce sévère programme d'austérité, mais je crois qu' ils pourront le supporter. Je pense à l'exemple des agriculteurs qui avaient manifesté pendant la période de Noël dernier. Ils disaient qu'ils ne céderaient pas avant d'avoir obtenu gain de cause. Finalement, ils ont cessé leur mouvement sans rien obtenir. Le gouvernement était déterminé à ne rien lâcher pour la bonne raison qu'il ne pouvait rien donner. Les agriculteurs ont compris que les caisses étaient vides.Malgré sa dureté, cette crise peut-elle être une chance pour la Grèce ? Toute crise offre la possibilité de redémarrer et construire quelque chose de nouveau. Les Grecs vont être obligés de s'adapter. Mais cette crise n'est que la pointe de l'iceberg d'une crise mondiale et européenne plus profonde. Les Grecs ne sont pas seuls en cause. Et nous avons là une opportunité pour réfléchir à une remise en cause des systèmes financiers européens et mondiaux. L'attaque des marchés financiers a prouvé qu'ils n'avaient pas plus confiance dans l'économie grecque que dans l'euro. Oui mais le clientélisme, la corruption sont des maux grecs , ils ont participé aussi à la faillite du pays... C'est évident. Les Grecs doivent radicalement changer de mentalité sur ce point. Le mode de vie doit changer. La classe politique doit changer mais je rappelle qu'il faut être deux pour danser (two to tango). Ceux qui ont vidé les caisses, si on excepte les détournements de fonds punis par la loi, ce sont nos hommes politiques. Ce sont eux qui devraient payer les retraites et les salaires des fonctionnaires. C'est un système fondé depuis longtemps sur le clientélisme qui a poussé les politiciens à faire des promesses qui excédaient les possibilités financières de l'Etat. Ils doivent changer. n George Glynos, économiste au think tank ELIAMEP

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