Bruxelles appuie les réformes des retraites des États membres
La Tribune
La Tribune
La Commission européenne vient en aide aux pays européens engagés dans de difficiles réformes des retraites, particulièrement la France. Mercredi, elle compte présenter un « Livre vert » plaidant en faveur d'un recul général de l'âge de départ à la retraite en Europe. José Manuel Barroso avait déjà laissé entrevoir sa position lorsqu'il avait qualifié de « courageuses » les mesures envisagées par le gouvernement français (voir La Tribune du 23 juin). Ce sont « des réformes difficiles mais essentielles si l'on veut conserver notre modèle européen de société, si l'on veut garantir qu'après nous, nos fils et petits-fils puissent aussi avoir droit à une pension », déclarait le patron de l'exécutif bruxellois. Dans son nouveau document, la Commission souhaite « que le temps passé à la retraite ne continue pas à augmenter par rapport au temps consacré à travailler ». Le dossier des retraites est une compétence nationale mais le problème est européen. Et surtout la Commission verrait bien cette question faire partie du domaine couvert par l'accord scellé lors du sommet européen mi juin sur la «gouvernance économique» dans l'Union. « En 2008, on comptait quatre personnes en âge de travailler pour chaque citoyen de l'Union Européenne âgé de 65 ans ou plus. D'ici à 2060, ce rapport tombera à deux pour un », souligne le document de la Commision. De plus, « la récente crise financière et économique a aggravé et amplifié l'impact de cette tendance démographique ». Il convient donc d' « augmenter l'âge auquel on cesse de travailler et l'on commence à bénéficier de sa retraite ». Si en Suède il a fallu quatorze ans pour rehausser l'âge légal de départ à la retraite, il est néanmoins fixé à 65 ans depuis 1998. En Allemagne, il est acquis depuis 2006 que la retraite à taux plein s'obtient à partir de 67 ans. Avec la crise, le reste de l'Europe se penche sur le dossier. La Grèce a été contrainte par le Fonds monétaire international et l'UE de relever, en quelques semaines, de 5 ans le nombre d'annuités nécessaires pour une retraite à taux plein. L'Espagne a prévu de relever progressivement d'ici 2025 l'âge de la pension, à 67 ans contre 65 ans actuellement. réunion en sessionLe gouvernement français, fragilisé par les attaques contre Eric Woerth, ministre du Travail, compte beaucoup sur cette prise de position de la Commission pour inscrire sa réforme des retraites dans un cadre européen. Dès ce mardi, François Fillon a prévu de se rendre à Strasbourg, où le Parlement européen est réuni en session, pour notamment y rencontrer José Manuel Barroso. Les deux hommes évoqueront le chantier de la « gouvernance économique », « un concept qui mérite encore d'être précisé », selon Nicolas Sarkozy. Compte tenu de leur poids sur les déficits publics, certains veulent inclure dans ce concept la question des retraites. Au plus fort de la crise grecque, les contribuables allemands avaient eu du mal à accepter d'être solidaires d'un peuple profitant largement des pré-retraites. Les Européens considèrent désormais avoir un droit de regard sur les pensions de leur voisins.
La Tribune