Les opérateurs tentent de faire baisser les prix de lancement
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Soucieux de préserver leurs confortables marges, les opérateurs de satellites font feu de tout bois pour réduire le prix des lancements. Car l'accès à l'espace est stratégique, sinon vital pour SES, Intelsat, Eutelsat et les autres. Aujourd'hui, la balance penche en leur défaveur. « La demande est plus forte que l'offre », regrette le patron de SES, Romain Bausch. Du coup, les sociétés commercialisant les lanceurs fiables et performants, notamment Arianespace (Ariane 5) et la société russo-américaine ILS (Proton), se frottent les mains et font monter les prix. Arianespace facture autour de 150 millions de dollars le lancement quand ILS, dégagé du coût d'entretien et de maintenance du pas de tir, tourne autour de 100 millions.Lobbying des américainsC'est dans ce contexte que SES et des opérateurs comme Intelsat, Echostar, Telesat et Inmarsat tentent de ranimer une offre commerciale aux Etats-Unis. Dans ce pays, Boeing et Lockheed Martin, qui opèrent ensemble les lanceurs Delta et Atlas, sont gavés de contrats gouvernementaux. Ils en profitent pour négocier les lancements entre 250 et 300 millions de dollars. Ce qui est tout simplement hors de prix. Les opérateurs ont donc envoyé un argumentaire dénonçant le manque de compétitivité des lanceurs américains à la FCC (Federal Communications Commission), qui a fini par les épingler. Mais sans obtenir les résultats escomptés.Plus difficile, ils ont décidé de croiser le fer avec l'administration américaine afin que celle-ci autorise le lancement en Chine de satellites américains et européens fabriqués avec des composants « made in US ». Soit 98 % des satellites occidentaux à l'exception de quelques-uns construits par le grand électronicien français Thales. Bref une action de lobbying sur le très long terme, les États-Unis n'ayant pas la volonté d'accéder à cette requête pour l'instant.Enfin, les opérateurs sont intervenus de manière très active pour sauver du dépôt de bilan la société internationale Sea Launch (États-Unis, Russie et Norvège) placée sous chapitre 11. Son plan de réorganisation a été accepté fin juillet par les autorités américaines. « On a toujours dit dans des lettres adressées au tribunal que l'on verrait d'un bon oeil la survie de Sea Launch », explique Romain Bausch. Cela arrangerait les opérateurs et leurs actionnaires. M. C.
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