Cameron et Osborne, le futur duo de l'exécutif britannique

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oyaume-uniCe sont deux jeunes politiciens britanniques, charismatiques, qui ont réussi à complètement renouveler l'image de leur parti. Face à un gouvernement à bout de souffle, ils imposent leurs idées politiques. Et sauf retournement de situation, ils devraient être au pouvoir dans quelques mois. Cette définition, qui collait parfaitement à Tony Blair et Gordon Brown fin 1996, concerne désormais David Cameron et George Osborne. Le premier, 43 ans cette semaine, est chef du Parti conservateur depuis 2005 et pourrait succéder à Gordon Brown. Le second, 38 ans, est son « ministre fantôme » de l'Économie : il vise le poste de chancelier de l'Échiquier. À eux deux, ils ont réussi à ringardiser le « Labour » ? qui les a aidés par ses bourdes à répétition ? et renverser la tendance politique du pays.Pourtant, si Osborne et Cameron sont désormais incontournables, ils restent des inconnus. Sont-ils des « conservateurs progressistes », attachés à la défense des services publics, ou des tories d'antan qui avancent déguisés, alors qu'ils sont nés une petite cuillère en argent dans la bouche ? Leurs origines bourgeoises ne font pas de doute. David Cameron est issu d'une grande famille de banquiers, depuis son arrière-arrière-grand-père haut placé à HSBC. Il a été éduqué au très sélect collège Eton (droits de scolarité : 30.000 euros par an), puis à Oxford. George Osborne, de son vrai prénom Gideon, est le dix-huitième héritier du baronnet Richard Osborne of Ballintaylor. Il a traîné ses guêtres au tout aussi sélect collège St Paul (droits de scolarité : 18.000 euros par an), puis à Oxford. Ce pedigree flamboyant reste le point faible des deux têtes montantes des conservateurs, dans un pays touché par le chômage et la récession. Mais eux s'en moquent : s'ils sont riches, ils s'affichent modernes, citadins, et surtout à l'aise dans leur peau? Leurs positions tolérantes sur les grands sujets de société (délinquance, minorités ou homosexualité) ont parachevé la transformation du « méchant parti » qu'était devenue la formation des tories.« reconnecter le parti »Députés depuis 2001, ils sont devenus amis pendant de longues promenades à vélo à Hyde Park, rêvant ensemble de « reconnecter le parti avec la Grande-Bretagne moderne ». David Cameron a donc multiplié les gages d'ouverture, promettant de maintenir les dépenses dans les services de santé et l'aide aux pays pauvres? Parallèlement, George Osborne se faisait applaudir par les classes moyennes en mulipliant les annonces fiscales, en promettant notamment un rabais sur les droits de succession.La logique du couple s'est cependant enrayée avec la crise. Alors que les deux chefs conservateurs s'étaient recentrés sur une ligne proche de celle de Tony Blair, ils n'ont pas su comment réagir face à la récession. Ainsi se sont-ils opposés à la nationalisation de la banque Northern Rock, puis au plan de relance économique l'an dernier, deux décisions louées de toute part aujourd'hui. Avec talent, ils ont pourtant réussi à retourner le débat en pointant du doigt Gordon Brown, accusé d'être un dépensier irresponsable, à l'origine des déficits publics. Car, désormais, un mot d'ordre s'impose à Londres : celui de la rigueur. Même Gordon Brown, après avoir résisté pendant des mois, a été contraint de promettre des coupes dans les dépenses publiques.Alors, quelles idées défendent le duo montant ? « Ce sont de vrais conservateurs, mais ils sont extrêmement sensibles aux sondages et à l'évolution de l'opinion publique », explique Tim Montgomery, à la tête du site Internet ConservativeHome.com. Osborne et Cameron maintiennent donc un certain flou sur leur programme, ce qu'ils peuvent se permettre vu leur avance dans les sondages (quinze points en moyenne). Les électeurs britanniques trancheront, sans doute en mai prochain. n

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