Les États-Unis s'enfoncent un peu plus dans le chômage

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Cela fait dix-neuf mois maintenant que le taux de chômage américain est installé au-dessus de la barre des 9 %. Et la situation n'est pas près de s'améliorer. Pis, elle se dégrade. En novembre, le taux de chômage a progressé de 0,2 point pour atteindre 9,8 %. Après trois mois de stagnation, il remonte ainsi à son plus haut niveau depuis avril. Un niveau « trop élevé et inacceptable » pour la Maison-Blanche. L'optimisme était pourtant de mise : les chiffres d'octobre avaient été encourageants, les dernières statistiques macroéconomiques positives, les profits des entreprises élevés et la consommation robuste lors du « Black Friday ». Mais rien n'y fait. Les entreprises américaines ne réembauchent toujours pas suffisamment. Seulement 50.000 créations nettes de postes en novembre dans le privé, dont 80 % de temporaires. Et l'industrie a encore détruit 13.000 postes le mois dernier - et la distribution 28.000 - en pleine période des fêtes de fin d'année ! « Généralement, la reprise de l'emploi est tirée par les petites entreprises, notamment celles qui se créent, explique Michelle Meyer, économiste chez Bank of America Merrill Lynch. Mais aujourd'hui, compte tenu du resserrement du crédit, peu d'entreprises voient le jour. » Les États-Unis comptent officiellement 15,1 millions de chômeurs - auxquels il faut ajouter les salariés subissant un temps partiel forcé et les sans-emplois découragés qui ont cessé leurs recherches. Plus de 40 % d'entre eux sont sans-emplois depuis plus de six mois. Et environ 2 millions de chômeurs pourraient perdre, d'ici à la fin de l'année, leurs allocations si le Congrès ne reconduit pas les mesures d'urgence allongeant la durée d'indemnisation de 26 à 99 semaines. À Washington d'ailleurs, ces mauvais chiffres devraient accentuer la pression sur les responsables démocrates et républicains, toujours autant divisés sur les moyens à mettre en oeuvre pour lutter contre cette situation inédite. Les deux camps pourraient ainsi s'entendre sur une extension des avantages fiscaux accordés sous la présidence Bush, notamment aux ménages les plus aisés. Une mesure qui aggravera pourtant la situation budgétaire. « Sur le court terme, la priorité va être de soutenir l'économie, la question de la dette ne viendra que plus tard », prédit Michelle Meyer. Jérôme Marin, à New York.

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