Les cartes à puce surfent sur le « sans-contact »

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Cartes et Identification, le salon mondial de la carte à puce qui se tient de mardi à jeudi à Villepinte, en région parisienne, sera sans nul doute placé sous le signe de la satisfaction. L'année 2010 devrait en effet s'achever sur une hausse de 10,5 % des ventes mondiales de cartes à microprocesseur (cartes SIM, cartes bancaires, etc.), à près de cinq milliards d'unités, tirées par les applications liées à la santé, à l'administration, au transport et aux services financiers, selon le cabinet Eurosmart. En 2009, année marquée par la récession, le marché mondial de la carte à puce - dominé par les français Gemalto et Oberthur - avait progressé de 5 % seulement. S'il est un segment porteur sur ce marché, c'est celui de la technologie « sans contact », qui permet par exemple de ne plus avoir à insérer sa carte de paiement dans un terminal ni de composer un code secret. Toujours selon Eurosmart, les ventes mondiales de cartes à puce sans contact devraient clore l'année 2010 sur un bond de 20,8 %, à 320 millions d'unités, soit 6,4 % de l'ensemble du marché de la carte à puce. Et 2011 s'annonce sous de meilleurs auspices encore. « La croissance (du marché des cartes à puce sans contact) devrait être encore plus forte l'an prochain, si bien que la part du sans contact passera rapidement le cap des 10 % (du marché global de la carte à puce) », prédisent les organisateurs du salon Cartes et Identification. Dans le détail, les deux principaux débouchés du « sans-contact » - les cartes de paiement et les papiers d'identité - devraient respectivement voir leurs ventes grimper de 25 % et de 20 % (avec 250 millions de passeports électroniques émis dans 75 pays), cette année, en volume, à l'échelle mondiale. À la traîne de la région Asie-Pacifique (Japon, Hong Kong, Singapour), qui défriche le marché du « sans-contact » depuis dix ans déjà, les pays occidentaux commencent à refaire une partie de leur handicap. « L'Europe de l'Ouest a connu cette année une croissance des usages de la technologie «sans-contact », se réjouit le cabinet Euromonitor, citant l'exemple du distributeur français Carrefour et de sa carte de paiement sans contact PASS MasterCard, qui permet de régler de petits achats de l'ordre de 25 euros en France, au moyen de lecteurs de cartes sans-contact. Lancée en février 2009, la carte PASS MasterCard de Carrefour compte quelque 2,5 millions de porteurs. BémolLes pays émergents d'Europe contribuent eux aussi à la montée en puissance de la technologie du « sans-contact ». En particulier la Turquie et la Pologne. La banque turque Garanti Bank est ainsi devenue « l'un des tout premiers émetteurs de cartes sans contact en Europe, avec un peu plus d'un million de cartes en circulation», souligne le salon Cartes et Identification. Des cartes développées par le français Gemalto, qui vient d'être choisi par la banque polonaise PKO Bank Polski pour l'accompagner dans son programme de migration vers la technologie du « sans-contact».Un bémol, cependant. « Les téléphones mobiles NFC (Near Field Communication, qui permettent d'effectuer des paiements) sont encore rares », constatent les organisateurs de ce rendez-vous professionnel annuel. De fait, si la technologie du paiement « sans-contact » fait parler d'elle depuis plusieurs années déjà, les difficultés à élaborer un modèle économique équilibré entre opérateurs de télécommunications, qui fournissent des espaces sécurisés sur les cartes SIM des abonnées, et banques, qui installent leurs applications de paiements sans contact sur lesdites cartes, ont freiné l'éclosion du marché. En France, un accord a été trouvé l'an dernier, selon lequel la banque rémunère l'opérateur et perçoit les commissions de transaction. Résultat, après Nice (lire encadré), qui avait lancé au printemps une expérimentation à grande échelle du paiement sans contact via le téléphone mobile, une quinzaine d'autres villes françaises vont tenter l'aventure. De la même façon, en Turquie, Garanti Bank a noué un partenariat avec l'opérateur de télécommunications local Avea. Aux Etats-Unis, en revanche, les fournisseurs de cartes bancaires Visa et MasterCard n'ont toujours pas trouvé de terrain d'entente avec les opérateurs de télécoms pour développer des services de paiment par téléphone mobile.

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