La ligne Maginot de l'industrie

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De l'aéronautique au ferroviaire et au naval, de l'énergie à l'armement, l'industrie française a fait un pari : ne pas hésiter à vendre aux pays émergents des produits actuels assortis de transferts de technologie. Et profiter des marges sur ces contrats pour financer recherche et développement pour les produits futurs. En clair, garder toujours une longueur d'avance. Ce bel édifice se fissure aujourd'hui. D'abord, les produits français, aussi bons soient-ils, ne trouvent pas forcément preneurs à l'export, certains pays préférant des offres moins chères et moins complexes. Si l'avion de combat français Rafale de Dassault échoue finalement au Brésil, comme le nouveau réacteur nucléaire tricolore EPR a perdu à Abu Dhabi, cela représentera deux déconvenues successives et retentissantes pour la haute technologie française. Alors qu'elle était donnée gagnante à chaque fois, que ce soit en raison de soutiens politiques forts ou de la prétendue supériorité de son produit. Deuxième atout menacé : celui du coup d'avance. Quand Pékin annonce la sortie de ses propres trains ultrarapides ? qui ne sont pas des TGV ?, ou va fabriquer des Airbus A320 qui pourraient, demain, séduire les pays émergents, il vient comme un doute. Les clichés sur « la Chine usine du monde » ou « l'Inde, simple réservoir informatique de la planète » prennent du plomb dans l'aile. « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts », disait Paul Reynaud, président du Conseil en? 1940. L'industrie française a mieux à faire qu'adopter la stratégie de la ligne Maginot. D'autant que pour sa défense, elle ne peut compter ni sur le poids politique dont se servent les Américains, ni sur la réputation de qualité qui a fait de l'Allemagne le champion du monde des exportations.oprovost@latribune.fr OLIVIER PROVOST

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